Les Emirats arabes unis ont annoncé fin septembre leur intention d’envoyer un rover sur la Lune d’ici 2024, une nouvelle étape dans les ambitions spatiales croissantes de l’Émirat.

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Après la mission d'un astronauteastronaute émirien à bord de la Station spatiale internationaleStation spatiale internationale en septembre dernier, et l'envoi de la sonde Al-Amal (Hope) vers la planète Mars cet été, les Émirats arabes unis confirment leurs ambitions concernant l'exploration spatiale et annoncent leur projet d'envoyer un roverrover sur la LuneLune en 2024.

Ce rover sera conçu et construit « à 100 % » par les équipes émiriennes du centre spatial Mohammed bin Rashid de Dubaï. L'engin a été baptisé Rachid, en hommage au père du cheikh Mohammed, réputé pour avoir modernisé Dubaï. Cela dit, seul le rover sera estampillé made in Dubaï. La plateforme d'atterrissage qui transportera le rover Rachid sur la surface lunaire ne sera pas réalisée au Centre spatial Mohammed bin Rashid. Les responsables de la mission se tourneront vers des partenaires internationaux, voire des opérateurs privés pour transporter la mission sur la Lune. La décision sera prise dans les mois à venir.

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D'une massemasse de seulement 10 kilogrammeskilogrammes, le rover embarquera des caméras et trois principaux instruments. On comptera donc un imageur microscopique pour résoudre les particules dans le régolitherégolithe lunaire à des tailles aussi petites que 50 micronsmicrons, un imageur thermique étudiera les caractéristiques thermiques du régolithe, fournissant une « vérité terrain » pour des observations similaires faites depuis des orbiteurs.

Une sonde de Langmuir sera également à bord du rover qui transportera aussi une expérience inédite pour examiner comment le régolithe lunaire s'accroche à différents matériaux. Comme cela a été fait avec la mission Hope, Rachid emportera de petites charges utiles fournies par des équipes étrangères de scientifiques ou d'étudiants. L'ensemble des données sera mis à disposition de la communauté scientifique internationale.

Une mission qui en préfigure d'autres

Ce rover atterrira sur la surface lunaire pour explorer des endroits jamais visités. L'équipe de la mission a donc identifié cinq sites d'atterrissage potentiels, tous situés dans des régions de latitudelatitude moyenne. Ils ont été sélectionnés en fonction de leurs intérêts scientifiques et d'un terrain propice au rover. La mission est prévue pour durer au moins une journée lunaire (28 jours terrestres) avec l'objectif de le faire fonctionner pendant un deuxième jour lunaire après une période d'hibernation.

Les Émirats arabes unis, qui souhaitent contribuer aux efforts mondiaux de l'exploration robotiquerobotique et humaine de la Lune, ont également annoncé que ce rover pourrait être le premier d'une série avec des objectifs de plus en plus ambitieux. Il est question de missions dans les régions polaires, avec un intérêt affiché pour leurs dépôts de glace.

Cette mission lunaire sera la première d'un pays arabe. Si la mission réussit à atterrir en douceur, les Émirats arabes unis seront le quatrième pays à poser un engin sur notre seul satellite naturel, après les États-Unis, la Russie et la Chine dont le rover Chang'e 4 se trouve actuellement sur la face cachée de la Lune. En avril 2019, la sonde israélienne Beresheet avait raté son alunissage et s'était écrasée sur la surface de la Lune comme la sonde indienne Vikram qui s'est aussi écrasée en septembre 2019.