Vue d'artiste du satellite NEOcam de la Nasa. © Nasa, JPL-Caltech

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Astéroïdes : la Nasa agrandit son arsenal de détection des géocroiseurs

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Malgré les réseaux mondiaux de surveillance du ciel, il n'est pas rare qu'un astéroïde soit découvert à quelques encablures de la Terre, prenant tous les observatoires par surprise. Ainsi, cet été, un astéroïde d'une centaine de mètres a frôlé notre planète à seulement 72.500 kilomètres environ. Classé comme « destructeur de ville », cet astéroïde avait été découvert quelques heures à peine avant son passage au plus près de la Terre ! En 2025, la Nasa devrait se doter d'un télescope spatial entièrement dédié à la surveillance du ciel et au recensement de la quasi totalité des astéroïdes proches de la Terre.

Aujourd'hui, environ 20.000 objets menacent la Terre et malgré les différents programmes de surveillance coordonnés au niveau mondial, moins de 30 % d'entre eux sont aujourd'hui bien connus et les plus petits - qui peuvent tout de même atteindre cent mètres - restent à peu près invisibles.

Alors que de nombreux astéroïdes potentiellement dangereux sont découverts au dernier moment avant qu'ils ne frôlent la Terre, voire après coup, la Nasa a décidé de réagir. Elle prévoit d'envoyer un télescope dans l'espace afin de repérer ces objets bien difficiles à voir et de réaliser un sondage aussi précis que possible d'au moins 90 % de la totalité du ciel.

Cette mission, provisoirement appelée « Mission de surveillance des objets proches de la Terre » (NEO) s'inspire de la mission NEOcam. Proposée pour devenir la treizième mission du programme Discovery de la Nasa (2017), NEOcam n'avait pas été retenue car la sélection des missions Discovery se fonde sur le Decadal Survey en sciences planétaires, lequel prend en compte les avancées scientifiques et exclut les bénéfices potentiels en matière de protection planétaire. Cette année, la Nasa a porté son choix sur les sondes Lucy et Psyché dédiées à l'étude de curieux astéroïdes.

D'un coût estimé de 500 à 600 millions de dollars, cette future mission de surveillance pourrait être lancée dès 2025 à destination du point Lagrange numéro 1. Dotée d'un télescope de 50 centimètres et de capteurs très performants dans l'infrarouge entre 4 et 10 microns ; sa durée de vie est d'au moins 12 ans.

La surveillance permanente du ciel et le recensement de la quasi totalité des astéroïdes proches de la Terre sont deux missions nécessaires, mais insuffisantes pour une protection planétaire efficace. © Getty, Nasa

Une meilleure connaissance de l’environnement spatial

L'objectif est également de se conformer à une exigence forte du Congrès américain qui, en 2005, avait demandé à la Nasa la réalisation d'un recensement aussi complet que possible des objets potentiellement dangereux pour la Terre. Le but était de découvrir, de caractériser -- c'est-à-dire déterminer les caractéristiques de structure et d'orbite --, de cataloguer et de suivre d'ici 2020 jusqu'à 90 % des NEO (Near Earth Objects : objets proches de la Terre) de plus de 140 mètres de diamètre.

Prenant acte de ne pas être en mesure d'atteindre cet objectif dans les délais impartis, la Nasa a consulté plusieurs comités scientifiques et académies nationales pour envisager les alternatives possibles. Un rapport du Space Studies Board sur ces dernières a conclu qu'un télescope spatial infrarouge serait un apport unique pour de telles missions de surveillance et de recensement, d'où l'intérêt porté à NEOcam qui, à l'origine, est un télescope spatial infrarouge.

Pour rappel, en 1998, le Congrès avait demandé à la Nasa de détecter, suivre, cataloguer et caractériser dans un délai de dix ans 90 % des géocroiseurs de diamètre égal ou supérieur à 1 km. Tâche aujourd'hui réalisée.

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