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Le saut en parachute depuis la stratosphère se prépare en Autriche

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L'Autrichien parachutiste Felix Baumgartner et spécialiste de base jump, poursuit son rêve : sauter depuis 37 km d'altitude et franchir le mur du son en chute libre. Il s'y prépare avec l'argent de son sponsor Red Bull depuis plusieurs années et annonce une nouvelle fois une tentative cette année. De son côté, le Français Michel Fournier est toujours en lice. Au rendez-vous : de l'adrénaline mais aussi une expérience technologique.

L'avion (un SC7 Skyvan) duquel s'est élancé, dans le ciel californien, le parachutiste autrichien dans son costume pressurisé. © Felix Baumgartner

Felix Baumgartner fait de nouveau parler de lui. En 2010, cet Autrichien passionné de parachutisme et de base jump (époustouflante activité consistant à sauter en chute libre de falaises, de ponts ou de tours) avait déjà annoncé un saut depuis la stratosphère, à près de 40 km d'altitude. Mais l'aventure, financée par le vendeur de boisson gazeuse Red Bull, n'avait finalement pas eu lieu.

L'exploit est réel. Le record d'altitude actuel date... de 1960. Le 16 août de cette année-là, Joe Kittinger, pilote de l'US Air Force, participant au projet Excelsior, s'élançait d'un ballon gonflé à l'hélium qui venait de grimper à 31.300 m au-dessus du sol. Portant une combinaison pressurisée (à une telle altitude, la pression est inférieure à 2 hectopascals, contre environ 1.000 au niveau de la mer), il a plongé en chute libre dans de l'air si raréfié que sa vitesse a semble-t-il atteint un peu moins de 1.000 km/h. Il est possible qu'il ait alors dépassé la vitesse du son. Celle-ci, en effet, diminue avec la pression et le son se déplace moins vite dans la stratosphère.

De plus, la vitesse du son dépend de la température, laquelle ne varie pas linéairement du sol à la stratosphère, ce qui complique la conversion des km/h en nombre de mach. Au sol, à 15 °C, la vitesse du son est d'environ 1.230 km/h. Jusqu'à 11 km, elle diminue jusque vers 1.000 km/h puis reste à cette valeur jusqu'à 20 km pour augmenter ensuite. Vers 40 km, elle est d'environ 1.150 km/h.

Préparation avant le saut. Felix Baumgartner a testé, à basse altitude, sa combinaison pressurisée. Elle lui sera indispensable dans la stratosphère où, vers 40 km d'altitude, la pression atmosphérique est plus faible que celle régnant à la surface de la planète Mars. © Felix Baumgartner

Un saut depuis la stratosphère : à peu près une sortie dans l'espace

Un Homme en chute libre, limité à 200 ou 250 km/h dans les basses couches, accélérera jusqu'à près de 1.000 dans l'air à basse pression de la stratosphère, et pourra dépasser la vitesse du son (Mach 1 par définition). Joe Kittinger a toujours affirmé qu'il l'avait fait mais la preuve manque. L'homme est toujours parmi nous... et a même conseillé Felix Baumgartner.

C'est en véritable astronaute qu'il faut être habillé, avec une combinaison pressurisée, mais pas à la pression du niveau de la mer (la différence serait trop grande). Avant le saut, le parachutiste, installé dans une capsule pressurisée, doit subir une séance de dénitrogénation, pour expurger de son corps une partie de l'azote dissous, comme le font les plongeurs sous-marins remontant d'une longue plongée et les astronautes se préparant à une sortie extravéhiculaire dans le vide spatial.

Il y a donc des milliers de problèmes à résoudre. Un Français, Michel Fournier, avec son projet Grand saut, travaille activement le sujet, et depuis plus longtemps. Ce parachutiste détenteur du record de France d'altitude (12.000 m) a déjà effectué deux tentatives, en 2003 et en 2008. Des incidents techniques ont conduit à l'échec mais le projet tient toujours...

Pour l'instant, Felix Baumgartner est un peu avare de détails sur sa préparation. Sur son blog, il explique avoir réalisé des essais sur la base de parachutisme de Taft, en Californie. Les photographies le montrent équipé d'une combinaison manifestement pressurisée, ou au moins pressurisable. L'expérience Red Bull Stratos suit donc son cours.

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