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L'engin hypersonique HTV-2 s’abîme en mer

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Le deuxième essai du drone hypersonique américain, qui doit un jour explorer le domaine de vol atmosphérique à Mach 20, s'est soldé par la perte de l'appareil, qui a fini sa course dans le Pacifique... ce qui était prévu.

Le Falcon HTV (vue d'artiste), reconnaissable à sa forme triangulaire et à sa couleur noire, fixé sur le dernier étage de la fusée Minotaur IV, au moment où la coiffe se détache. © DR

Pas facile de voler à Mach 20, apparemment. Le Falcon HTV (Hypersonic Technology Vehicle) en était hier soir à son deuxième essai, après l'échec du premier, en 2010. Largué depuis une fusée au-delà de l'atmosphère, l'engin, taillé comme un avion, devait contrôler sa rentrée dans l'atmosphère, en utilisant des propulseurs d'appoint, puis planer durant trente minutes en atteignant la vitesse de Mach 20 avant de toucher l'océan Pacifique.

L'objectif était de tester l'efficacité des commandes de vol et de tenue de l'appareil à ces vitesses encore jamais atteintes par un avion, exposant son revêtement, à cause du frottement de l'air, à des températures de l'ordre de 2.000 °C. Le HTV-2 fait partie d'un programme militaire à long terme et le projet est mené par la Darpa, agence de financement liée à l'armée américaine.

« Le contrôle à distance a perdu la télémétrie » expliquait hier soir le fil Twitter de la Darpa. En clair : « on l'a perdu ». L'agence expliquait aussi que l'appareil pouvait continuer à voler de façon autonome avant de se crasher dans l'océan. Mais sans plus donner de nouvelles... © Darpa

Domaine de vol à explorer

Hier soir, l'avion hypersonique s'est correctement détaché de sa fusée et a effectué semble-t-il une rentrée dans l'atmosphère correcte et a ensuite commencé à voler. Mais, d'après les laconiques messages laissés par le Darpa sur son fil Twitter, le contact a été perdu après 20 minutes de vol. C'est mieux que le premier essai de 2010, qui n'avait duré que 9 minutes après le largage. La Darpa n'explique rien d'autre pour l'instant mais il est probable qu'un flot d'informations ait pu, comme lors des 9 minutes de vol de l'HTV-1, être transmis vers le sol.

Ces données pourront alors servir à mieux comprendre le vol à de telles vitesses et à très hautes altitudes. Pour l'instant, simulateurs et souffleries semblent insuffisants pour des tests au-delà de Mach 15. Peut-être ces expériences d'inspiration militaire serviront-elles un jour à des essais d'avions civils hypersoniques, comme ceux auxquels travaillent EADS, avec le Zehst, et la firme britannique Reaction Engines, avec le projet A2.

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