Santé

Les ressources adaptatives : anticipations involontaires et stratégies conscientes

Dossier - Du vieillissement cérébral à la maladie d’Alzheimer, décryptage scientifique
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La principale cause de démence à travers le monde est la maladie d’Alzheimer. Selon les estimations, le nombre de cas devrait tripler d’ici 2050. Pour mieux comprendre les mécanismes de cette maladie, il faut plonger dans une analyse scientifique approfondie du vieillissement cérébral.

  
DossiersDu vieillissement cérébral à la maladie d’Alzheimer, décryptage scientifique
 

Les ressources adaptatives peuvent être des anticipations involontaires ou des stratégies conscientes.

Quelles sont les ressources adaptatives ? © Triff - Shutterstock

Par Françoise Schenk et Delphine Preissmann

Description psychologique des formes de mémoire : 

  • mémoire : ensemble des traces laissées par les événements vécus. Cet ensemble se manifeste comme un processus qui affecte les sensations, les pensées, les actions, et l'état du corps.
  • mémoire explicite : rappel conscient et intentionnel d'un événement ou d'un élément d'information.
  • mémoire implicite : manifestations mentales ou comportementales occasionnées par la rétention d'une information dont le sujet n'est pas conscient.
  • mémoire prospective : élément de mémoire permettant d'engager une certaine action dans un délai contrôlé.
  • mémoire sémantique : éléments de mémoire se rapportant aux connaissances générales organisées en catégories (objets, faits, règles, concepts, propositions).
  • mémoire épisodique : mémoire des événements et de leurs relations temporelles et spatiales.
  • mémoire autobiographique : capacité d'évoquer et de décrire les événements constituant sa propre histoire.
  • mémoire déclaratoire : éléments de mémoire se rapportant à des faits, des règles, des concepts et des événements. Ils comprennent des connaissances épisodiques et sémantiques.
  • mémoire de référence : terme utilisé parfois pour désigner celles des informations stockées qui ne sont pas susceptibles de changer, qui restent invariantes au cours du temps.
  • mémoire de travail : terme qui caractérise des informations dont la validité est de faible durée, et qui participeront à une prise de décision selon l'évolution de la situation. C'est une forme de mémoire vive dans la mesure où elle est exprimée par une activité nerveuse continue. 

Pour respecter les multiples faces du vieillissement, la complémentarité des stratégies cognitives et comportementales est abordée dans leur contribution aux ressources adaptatives. Même si elles ont une connotation spécifique, physiologiquement et psychologiquement, les altérations de la mémoire qui accompagnent le vieillissement doivent être comprises dans le contexte plus général de la transformation des stratégies adaptatives au cours de la vie.

L’expérience acquise au cours de la vie, les évènements et les circonstances génétiques sont intégrés, puis interprétés au niveau cognitif et comportemental. © DR

Ainsi certains concepts psycho-physiologiques permettent d'approcher diverses formes de vieillissement en lien avec des altérations du fonctionnement cérébral, qu'il s'agisse de capacités cognitives déclarées ou d'automatismes peu accessibles à un contrôle conscient. La difficulté est alors celle de la diversité des processus rassemblés sous le terme de mémoire, dans la mesure où il n'y a pas un système unique dédié à la mémoire à proprement parler, même si certaines régions cérébrales sont au cœur des capacités de la mémoire autobiographique. La mémoire doit tout d'abord être vue comme une propriété de chaque niveau biologique, même si l'on tend à privilégier la forme de mémoire qui permet de partager des souvenirs avec autrui.

La complémentarité des différents types de mémoire permet d’expliquer les interactions entre mémoire et émotions, et les conséquences d’un stress sur le fonctionnement cérébral. © DR

Il faut proposer une classification des différents niveaux de mémoire qui témoigne de leur complémentarité et montre comment ils sont l'expression d'un fonctionnement cérébral normal. On peut ensuite mieux expliquer les interactions entre mémoire et émotions, ainsi que les conséquences à long terme d'un stress chronique sur le fonctionnement cérébral et les ressources adaptatives cognitives. Ce qui permet de souligner combien mémoire abstraite, cognition et émotion se combinent aux niveaux somatique et cérébral.