Santé

L'hormone de croissance, ou somatotropine

Dossier - Le scandale de l'hormone de croissance
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L'hormone de croissance contaminée par des prions infectieux a causé le décès de plus d'une centaine d'enfants en France. Comment un tel désastre a pu arriver et comment éviter que cela ne se reproduise ? Telles sont les questions abordées dans ce dossier.

  
DossiersLe scandale de l'hormone de croissance
 

L'hormone de croissance, ou somatotropine, est une protéine synthétisée par notre cerveau pour nous faire grandir jusqu'à atteindre notre taille d'adulte. Sa sécrétion est finement régulée par d'autres hormones, elles-mêmes influencées par les différentes étapes d'une journée.

Le scandale de la somatotropine. © Jordache, Shutterstock

L'hormone de croissance porte le nom scientifique de somatotropine (ou somatropine). Elle est aussi parfois appelée GH (pour growth hormone en anglais). La somatotropine est une hormone polypeptidique codée par un gène porté par le chromosome 17.

Vue tridimensionnelle de la somatotropine. © DR

Elle est retrouvée sous deux formes, une majoritaire composée de 191 acides aminés et d'une masse molaire de 22 kilodaltons, et une minoritaire de 176 acides aminés pour une masse de 20 kilodaltons. La forme minoritaire est issue d'un épissage alternatif, qui conduit à la suppression des acides aminés 32 à 46. Il existerait également une forme de 23 kilodaltons, probablement obtenue par glycosylation de la protéine. Sa structure est proche de celle de la prolactine, indiquant un lien évolutif entre les deux hormones.

Régulation de la sécrétion de la somatotropine

La somatotropine est sécrétée par des cellules endocrines, les somatotropes. Elles sont situées dans une structure du cerveau particulière, l'adénohypophyse qui correspond au lobe antérieur de l'hypophyse. Sa sécrétion est pulsatile et non pas continue, menant à une concentration sanguine de l'hormone variable en fonction des heures de la journée. Sa sécrétion est régulée par le sommeil, les repas, le stress, l'âge ou encore le sexe. En général, les enfants synthétisent quotidiennement davantage de somatotropine que les adultes.

Vue globale du système porte hypothalamo-hypophysaire. © Chantal Proulx

La régulation de sa sécrétion est majoritairement assurée par deux hormones sécrétées par l'hypothalamus, la structure cérébrale située juste au-dessus de l'hypophyse. La somatolibérine favorise la sécrétion de la somatotropine, alors que la somatostatine produit l'effet inverse. Ces deux hormones sont libérées dans la circulation sanguine au niveau du système porte hypothalamo-hypophysaire et jouent leur rôle sur les neurones sécréteurs de l'hypophyse. L'équilibre entre la somatolibérine et la somatostatine est lui-même régulé par le rythme de la journée.

Fonctions de la somatotropine

Le rôle principal de la somatotropine est de favoriser la croissance et la multiplication des cellules conduisant à la croissance des enfants (d'où son nom d'hormone de croissance). Au niveau moléculaire, l'hormone de croissance agit en se fixant sur des récepteurs cellulaires spécifiques, ce qui active une cascade de réponses moléculaires dans les cellules cibles.

Une première action se situe au niveau des chondrocytes dont la multiplication est directement stimulée par la somatotropine : la croissance du cartilage est alors activée.

Les cellules du foie sont également ciblées, et cette fois-ci l'hormone a un rôle indirect puisqu'elle promeut la synthèse de l'IGF (insuline growth factor). Cette hormone a ensuite une action sur une grande variété de tissus et d'organes pour stimuler la croissance, notamment sur les ostéoblastes, les cellules responsables de la synthèse osseuse.

Les fonctions secondaires de la somatotropine sont nombreuses et complexes, et à l'heure actuelle ne sont probablement pas toutes connues. Nous pouvons néanmoins citer sont action lipolytique (destruction des graisses), de synthèse des protéines et des muscles, ce qui fait de cette hormone un anabolisant.