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Dossier - Main, peau et glissement : Opinions nouvelles sur la matière vivante
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Spécialisé en chirurgie réparatrice, le Dc Guimberteau vous propose de découvrir les tissus de la main, la reconstruction des tendons fléchisseurs des doigt et la souplesse mécanique du tissu assurant le glissement.

  
DossiersMain, peau et glissement : Opinions nouvelles sur la matière vivante
 
Figure 11 © ADF Video Production

Et c'est là aussi un privilège de chirurgien plasticien. Notre spécialité nous permet de traiter et de reconstruire des organes dans l'ensemble du corps. L'anatomie de tout le corps nous est familière et nos observations sont variées.

Figure 11 © ADF Video Production

Ce tissu de glissement dit dans les époques antérieures «de remplissage» en totale continuité au travers de ses fibres et de leurs prolongements se trouve partout.

Figure 11 © ADF Video Production

Même les structures intermédiaires telles que les fascia profonds prémusculaires sont composées de ce tramage et ont des relations au niveau de leurs faces supérieures et inférieures avec ce tissu, amplifiant le rôle d'amortissage et permettant l'interdépendance.

Figure 10 Surface de la peau humaine © ADF Video Production

La peau est la première à nous faire rentrer dans un univers polyédrique. Son observation minutieuse montre des milliards de petites facettes polyédriques, triangulaires, quadrangulaires, en rosace, certes irrégulières mais la tendance générale est polygonale. Elles s'adaptent à la moindre sollicitation de traction, appui, étirement, toujours dans l'orientation de contrainte. Ce mécanisme dynamique est peu décrit et ne peut être dissocié des mêmes formes rencontrées en sous jacent. (FIG 10)

Que ce soit en zone abdominale, thoracique, dorsale, ante-brachiale ou du cuir chevelu, ce tissu tramé est retrouvé. Il n'est pas un espace, pas une paroi où l'on ne le distingue pas.

Palissade de cellules graisseuses humaines © ADF Video Production

Même des structures appelées à peu de mobilité telles que le nerf jusqu'au périoste sont entourées de ce système tissulaire fibrillaire mais avec des différences de constitutions à la fois de la trame fibrillaire et de taille vacuolaire. MVCAS se retrouve dans l'ensemble du corps et semble être le tissu relationnel, d'adaptation. Mais est ce suffisant comme conclusion ?

Cette apparente organisation globalisante, véritable charpente mésoscopique de la matière vivante incitait à une perception, plus holistique ; ce tissu a peut être une autre importance que de n'être que conjonctif ou de remplissage. Et si en fait il était l'architecture structurante basique de la forme vivante ?

Dés lors l'image du corps devient un immense tissage collagénique différencié en fonction des rôles et contraintes et à travers lequel les vecteurs des fonctions se sont frayé un chemin lors du développement phylogénétique puis ensuite embryonnaire selon le traçé génétique préétabli. Le corps humain semble être un seul et même tissu qui s'est différencié fonctionnellement au gré du temps, mais dont l'organisation basique est stéréotypée.

Des éléments entiers de l'anatomie doivent alors être réexaminés au travers de cette analyse. La souplesse du corps, les phénomènes de croissance, l'apogée de l'âge adulte peuvent s'expliquer par la combinaison, la poussée et la dégradation de toutes des liaisons tridimensionnelles tramées exposant alors ce système constitutif primordial à des principes dynamiques et biomécaniques qui sont soumis à d'autres influences que celle de la gravitation. L'affaissement des structures âgées ne seraient alors qu'une revanche de la gravitation.