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Un glissement de terrain sous-marin géant il y a 60 000 ans

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Le plus long dépôt de sable et de boue laissé par une gigantesque avalanche sous-marine, long de 1.500 kilomètres, vient d'être découvert en Atlantique. Son étude est importante pour comprendre la formation des gisements de pétrole et de gaz.

Au large du Maroc se trouve le canyon d'Agadir. Les flèches noires indiquent le sens de l'écoulement de l'avalanche sous-marine il y a 60.000 ans. En rouge, le gradient de la pente le long du dépôt. Crédit : Nature

Ce phénoménal glissement de terrain a été repéré lors d'une campagne océanographique de prélèvements de carottes de sédiments dans l'océan Atlantique au large de l'Afrique du Nord. Il s'agissait de recherches coordonnées par le National Oceanography Centre (CNO, Southampton) et menées à bord du navire océanographique Charles Darwin.

Ces carottes ont été analysées par des géologues des universités de Bristol, Aberdeen, Brême et bien sûr du CNO. Une partie du financement venait par contre lui d'un consortium de sociétés pétrolières et gazières.

Il faut savoir en effet que bon nombre de grands gisements de pétrole et de gaz se trouvent associés à des dépôts d'avalanches sous-marines de boue et de sable. Alors que ces ressources vont en se raréfiant on comprend l'intérêt de mieux comprendre comment ces gisements se forment afin de plus facilement en localiser de nouveaux dans les années à venir.

A gauche l'Espagne, à droite le Maroc et en bleu le fond de l'Atlantique. C'est la zone où le Darwin a fait sa campagne de prélèvements. Crédit : National Oceanography Centre

 Le glissement de terrain qui s'est produit il y a 60.000 ans a déplacé 225 milliards de tonnes de sédiments océanique, en quelques heures ou, au plus, en quelques jours. C'est dix fois ce que rejette chaque année l'ensemble des fleuves de la planète ! Toutefois, même si l'écoulement  s'est produit sur une longueur record de 1.500 km, avec parfois une largeur de 150 km, le glissement de terrain qui l'a produit n'était pas le plus important connu sur Terre. On en connaît de plus grands, l'un dans les environs de Hawaï et l'autre, baptisé Storegga, au large de la Norvège.

Cette longueur énorme implique une faible vitesse de dépôt. Malgré la faible pente, les sédiments ont été emportés très loin. C'est finalement une légère variation de pente, passée de 0,05 à 0,01 °, qui a déclenché la sédimentation.

Un autre intérêt de ces études est de mieux comprendre les conséquences possibles sur le fond des océans des multiples campagnes d'exploitations des gisements de pétrole et de gaz, comme le fait remarquer Peter Talling de l'Université de Bristol, l'un des co-auteurs de l'article publié dans Nature au sujet de cette découverte.

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