Le moustique tigre transmet plusieurs maladies virales. © AbelBrata, IStock.com
Santé

Le Zika et le chikungunya sont-ils liés à un risque accru d'AVC ?

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[EN VIDÉO] Zika  Santé publique France a publié des données mettant en avant la recrudescence de certaines maladies exotiques en France. Dont le virus Zika qui a été identifié en Ile-de-France en 2018. 

Le Zika et le chikungunya, deux virus transmis par les moustiques, provoquent un ensemble de symptômes souvent appelés « grippe tropicale ». Pourtant, dans les cas les plus graves, ils peuvent causer des maladies neurologiques mais aussi renforcer le risque de complications, comme l'AVC chez les sujets les plus âgés.

Le Zika et le chikungunya sont deux arboviroses transmises par le moustique tigre qui constituent un sujet de santé publique majeur dans les régions tropicales. Au Brésil, les années 2015 et 2016 ont vu s'enchaîner deux épidémies de Zika (2015) et de chikungunya (2016). Les données alors recueillies par les médecins ont permis à des chercheurs anglais de l'Université de Liverpool et des chercheurs brésiliens de mettre en avant un lien entre les deux maladies virales et le risque d'AVC.

Ces deux épidémies ont permis de comprendre que le Zika et le chikungunya peuvent à être à l'origine de problèmes neurologiques dans une minorité de cas. Le Zika semble lié au syndrome de Guillain-Barré et le chikungunya à des inflammations du système nerveux central (des encéphalites et des myélites).

Le virus du Chikungunya, vu au microscope éléctronique. © AJC1, Flickr-CC by-NC 2.0

Une double infection liée au risque d'AVC

Toutefois, les accidents vasculaires cérébraux ne semblent être reliés à aucun des deux virus, mais aux deux en même temps, c'est-à-dire qu'une personne, à la fois infectée par le Zika et le chikungunya, a plus de risque de faire un AVC.

C'est la conclusion tirée par l'étude anglo-brésilienne publiée dans The Lancet Neurology. Parmi les 148 personnes admises dans un hôpital brésilien durant les épidémies de 2015-2016 pour une arbovirose, 46 étaient à la fois infectées par le virus du Zika et par celui du chikungunya. 17 % des co-infectés ont eu un AVC contre 6 % des mono-infectés (soit Zika, soit chikungunya).

Les victimes d'AVC avaient, en moyenne, 67 ans et pour la plupart, des facteurs de comorbidité préexistants, comme de l'hypertension.

« Notre étude souligne les effets potentiels des infections virales sur le cerveau, avec des complications comme l'AVC. C'est pertinent pour le Zika et le chikungunya, mais aussi pour comprendre d'autres virus, comme la Covid-19 qui est de plus en plus liée à des complications neurologiques », conclut Suzannah Lant, scientifique à l'Université de Liverpool et participante à cette étude, dans un communiqué de presse.

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