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L’espérance de vie a-t-elle atteint ses limites ?

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L'espérance de vie n'augmente pas de façon linéaire, mais plafonne depuis quelques années chez les athlètes de très haut niveau comme chez les supercentenaires (individus de plus de 110 ans), selon des chercheurs français.

L'un des plus importants problèmes au XXIe siècle concerne sans aucun doute le vieillissement de la population. Il y a notamment du soucis à se faire du côté des maladies liées aux troubles neurologiques. © Marmotte73, Flickr, cc by nc sa 2.0

Dans une étude publiée par la revue américaine Journal of Gerontology, les chercheurs de l'Institut de recherche biomédicale et d'épidémiologie du sport (Irmes) estiment que leur découverte renforce les arguments en faveur d'une durée de la vie limitée. Les chercheurs ont étudié la totalité des 1.205 supercentenaires mondiaux (125 hommes et 1.080 femmes) dont la date de naissance a pu être confirmée et décédés entre 1899 et 2013. Ils ont également passé en revue les 19.012 athlètes ayant participé aux jeux Olympiques depuis 1896 et décédés avant la fin de l'an dernier, dans la mesure où ceux-ci vivent généralement plus longtemps que la moyenne de leurs congénères. La responsable de l'étude Juliana Antero-Jacquemin a observé une sorte de plateau chez les athlètes olympiques à partir de 80 à 85 ans, tandis que chez les supercentenaires le plafond s'établit aux environs de 115 ans.

Sakari Momoi, âgé de 111 ans, est actuellement l’homme le plus vieux du monde. Le 20 août 2014, il reçevait le Guiness World Record. © AFP photo, Japan Pool via Jiji Press

16.200 centenaires en France

Aucun supercentenaire n'a jusqu'à présent réussi à égaler ou à dépasser le record de longévité de la Française Jeanne Calment, décédée en 1997 à l'âge de 122 ans. Une personne a depuis vécu jusqu'à 119 ans, tandis que les autres ne dépassent pas 115 ou 116 ans. Malgré un mode de vie à priori sain et actif, aucun athlète de haut niveau n'a, à ce jour, dépassé les 110 ans, le doyen étant décédé à 105 ans, selon l'étude. Pour Mme Antero-Jacquemin, ce plafonnement laisse à penser qu'il existe une barrière physiologique en voie d'être atteinte, à la croisée des interactions entre un patrimoine génétique constant et un environnement qui se dégrade.

Les chercheurs reconnaissent toutefois que le nombre de personnes étudiées est relativement petit et la période d'observation limitée et que dès lors, la tendance observée pourrait n'être que transitoire. L'étude n'a pas porté sur les personnes âgées de 100 à 110 ans dont le nombre a explosé ces dernières années dans le monde occidental. Rien qu'au Japon, il y avait près de 55.000 centenaires répertoriés en septembre dernier, tandis qu'en France ils étaient 16.200 l'an dernier, selon des chiffres de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav).

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