Santé

Alzheimer : faire des études ralentirait son apparition

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Les études permettraient d'assurer à la fois son avenir et... sa santé mentale. C'est en tout cas les conclusions d'une équipe de l'Inserm qui a montré que le niveau de diplôme était étroitement lié à l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer. Plus il est élevé et plus les premières manifestations seraient tardives.

On savait déjà que faire travailler son cerveau favorisait la mémoire. Des chercheurs français vont plus loin et suggèrent que faire des études peut freiner la progression de la maladie d’Alzheimer. © CollegeDegrees360, Flickr, cc by sa 2.0

Avec le vieillissement de la population, la maladie d'Alzheimer progresse. Selon l'Inserm, 860.000 Français étaient touchés par cette pathologie neurodégénérative en 2010, un chiffre qui devrait tripler d'ici l'année 2050. La maladie d’Alzheimer représente ainsi un défi de santé publique majeur contre lequel il faut à tout prix lutter. Comment ? Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Brain, faire des études ralentirait l'apparition de la maladie. De quoi inciter les enfants à bien travailler à l'école !

Pour ses travaux, les scientifiques se sont appuyés sur les données de la cohorte Paquid, une approche épidémiologique du vieillissement cérébral et fonctionnel. Ils ont analysé l'évolution cognitive de 442 patients ayant développé la maladie d'Alzheimer. Parmi eux, 171 avaient un niveau d'éducation inférieur au certificat d'études, et 271 un niveau plus élevé. « Aujourd'hui, le certificat d'études correspondrait au baccalauréat », précise Hélène Amieva, coauteure des travaux.

La maladie d’Alzheimer représente des enjeux médicaux, sociaux et économiques énormes. Plus la population vieillit et plus cette pathologie pèse sur la société. Une équipe a montré qu’en stimulant son cerveau par de longues études, on pouvait limiter l'apparition de cette pathologie. © Shirin Winiger, Flickr, cc by nc sa 2.0

Réserve cognitive chez les étudiants

Les auteurs ont constaté une corrélation entre la durée des études et la manifestation des premiers symptômes d’Alzheimer. Chez les plus diplômés, la maladie commencerait par une phase quasiment asymptomatique avec un déclin très léger, sans répercussion sur la vie quotidienne et sans que le sujet s'en rende vraiment compte. Entre cette phase et la démence avérée, il s'écoulerait en moyenne 15 à 16 ans.

En revanche, chez les personnes n'ayant pas fait d'études longues, les symptômes cognitifs sont d'emblée plus marqués, et les répercussions sur la vie quotidienne sont immédiates. « La première phase de déclin sans répercussion fonctionnelle semble ne pas exister », analyse Hélène Amieva.

Selon la scientifique, ce phénomène s'expliquerait par une réserve cognitive chez les personnes ayant eu une stimulation intellectuelle riche tout au long de leur vie. En d'autres termes, des réseaux neuronaux se mobiliseraient pour compenser les lésions cérébrales qui apparaissent au cours de l'existence. Des données d'imagerie montrent d'ailleurs que le volume de matière grise est plus important chez les personnes qui ont fait des études que chez celles qui n'en ont pas fait.

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