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Alzheimer : un médicament contre la démence freine la maladie

Le donépézil (Aricept) et dans une moindre mesure la mémantine (Ebixa), traitements courants contre les phases précoces de la maladie d’Alzheimer, sont aussi bénéfiques lorsque la pathologie évolue vers des formes plus sévères. S'ils ne sont pas encore capables de faire reculer la maladie, ils ralentissent sa progression.

La maladie d'Alzheimer touche aujourd'hui 18 millions de personnes dans le monde, et représente à elle seule plus de la moitié des démences. Avec le vieillissement général de la population, le nombre de malades devrait augmenter si l'on ne trouve pas un traitement pour arrêter et faire reculer la neurodégénérescence. Pour l'heure, on ne peut que ralentir son évolution, à l'aide de médicaments à base de donépézil par exemple. © Candida.Performa, Flickr, cc by 2.0 La maladie d'Alzheimer touche aujourd'hui 18 millions de personnes dans le monde, et représente à elle seule plus de la moitié des démences. Avec le vieillissement général de la population, le nombre de malades devrait augmenter si l'on ne trouve pas un traitement pour arrêter et faire reculer la neurodégénérescence. Pour l'heure, on ne peut que ralentir son évolution, à l'aide de médicaments à base de donépézil par exemple. © Candida.Performa, Flickr, cc by 2.0

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Bonne nouvelle dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Si la neurodégénérescence reste aujourd’hui irréversible, un essai clinique vient d’établir qu’un médicament utilisé lors des premiers stades de la pathologie s’avèrerait également efficace pour traiter les formes modérées et sévères.

Selon les auteurs de cette étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, il suffirait de poursuivre le traitement au donépézil (principe actif de l’Aricept) pour freiner la progression de la maladie chez deux fois plus de patients dans le monde entier.

Ces chercheurs britanniques du King’s College de Londres ont comparé l’effet de deux médicaments contre la démence, donépézil et mémantine (Ebixa), avec un placébo sur 295 patients répartis sur 14 villes pour tester l’efficacité des substances thérapeutiques pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer.

Le donépézil dépasse la mémantine et surclasse le placébo

Tous ces patients avaient déjà été traités au donépézil pendant trois mois au moins alors qu’ils présentaient la maladie à un stade précoce. Lorsque la neurodégénérescence a évolué vers des formes modérées ou sévères, une partie d’entre eux a poursuivi le traitement, une deuxième a reçu de la mémantine, tandis qu’un troisième lot n’absorbait qu'une pilule placébo. Les différentes thérapies ont duré une année entière.

L'Aricept est pour l'heure le seul traitement contre la démence à base de donépézil. Bientôt, il sera concurrencé par un médicament générique moins cher. Ainsi, la maladie d'Alzheimer pourrait aussi ralentir dans des pays en développement, très touchés par la pathologie. © National Library of Medicine, Wikipédia, DP
L'Aricept est pour l'heure le seul traitement contre la démence à base de donépézil. Bientôt, il sera concurrencé par un médicament générique moins cher. Ainsi, la maladie d'Alzheimer pourrait aussi ralentir dans des pays en développement, très touchés par la pathologie. © National Library of Medicine, Wikipédia, DP

Pour mesurer l’efficacité des diverses substances, les patients ont dû passer des tests cognitifs (mémorisation, orientation et expression verbale) et fonctionnels (capacité à réaliser des tâches quotidiennes comme prendre ses médicaments). Les malades traités au donépézil ont obtenu les meilleurs scores et de loin, devant ceux soignés à la mémantine. Le groupe placébo est encore derrière. La molécule active confère des capacités cognitives supérieures durant une année au moins.

Un générique moins cher prévu dans un mois

Il s’agit là du premier essai clinique à montrer un tel effet bénéfique du plus courant des traitements contre la démence à des stades plus avancés de la maladie. Comme cette preuve n’avait jamais été apportée, de nombreux médecins hésitaient à prescrire de nouveau le donépézil une fois que leur patient plongeait trop profondément dans la sénilité.

« Le problème avec les médicaments contre la démence est qu’ils ont un effet placébo important, raconte Nick Fox, neurologue à l’University College de Londres qui n’est pas impliqué dans le travail. Mais dans ce cas il s’agit de bien plus qu’un simple attachement émotionnel au principe actif, les bénéfices sont réels. »

Le timing de l’annonce est presque parfait. Dans un mois, le donépézil sortira dans une version générique beaucoup moins chère. Or, l’OMS rappelle que sur les 35 millions de personnes atteintes de diverses formes de démences à travers le monde, 58 % vivent dans des pays en voie de développement. Elles ne disposent pas toujours des moyens pour être traitées. Désormais, le médicament devrait être bien plus accessible. Cependant, malgré l’importance de la découverte, on ne dispose toujours d’aucun moyen pour guérir la maladie.


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