Les vaccins Pfizer et Moderna sont efficaces après deux injections. Des scientifiques de Stanford ont conçu une formule vaccinale efficace avec une seule dose chez la souris. © Mongkolchon, Adobe Stock
Santé

Bientôt un vaccin contre la Covid-19 efficace en une seule dose ?

ActualitéClassé sous :vaccin anti-Covid , Coronavirus , vaccin sous-unitaire

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[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ?  Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes ! 

Des scientifiques de l'université de Stanford testent un vaccin contre le coronavirus efficace après l'injection d'une seule dose. Comment fonctionne-t-il ?

La vaccination contre la Covid-19 a connu un coup d'accélérateur ces derniers jours. Au 11 janvier 2021, ce sont 138.351 personnes qui ont été vaccinées en France, essentiellement dans les Ehpad et dans les établissements de santé. Avec l'arrivée du vaccin de Moderna, autorisé depuis le 6 janvier en Europe, la France a, à sa disposition, 1.046.000 doses vaccinales. À raison de deux injections par personne, ce nombre n'est pas suffisant pour atteindre l'objectif du million d'individus vaccinés d'ici la fin janvier.

Pour économiser les doses vaccinales et immuniser plus de personnes, le Royaume-Uni a choisi de n'injecter qu'une seule dose vaccinale pour le moment et d'attendre 12 semaines avant de procéder à la seconde au lieu des trois semaines requises. Cette stratégie n'est pas sans risque puisque les vaccins de Pfizer et de Moderna ont été conçus pour protéger de la Covid-19 après deux doses et non pas une.

Existe-t-il un vaccin contre la Covid-19 efficace seulement en une injection ? Les scientifiques du département de biochimie de Stanford proposent une formule vaccinale différente de celle de ses concurrents, efficace en une seule dose. Les résultats de leurs tests sur des souris de laboratoire viennent d'être publiés dans ACS Central Science.

Des sphères vaccinales

Les scientifiques de Stanford ont opté pour un type de vaccin peu utilisé, le vaccin sous-unitaire. Il fonctionne sur un principe simple : on reproduit en laboratoire une protéine antigénique d'un pathogène, ici la protéine S. Cette dernière, avec la présence d'adjuvants, stimulera le système immunitaire.

De quoi se compose ce vaccin sous-unitaire contre la Covid-19 ? Les scientifiques ont synthétisé deux formes de la protéine S du SARS-CoV-2 : une première qui reprend toute la protéine S (S-Fer) et une seconde qui a été tronquée dans son domaine C-terminal (S∆C-Fer). Ces deux antigènes sont intégrés à une ferritine.

Cette protéine est responsable du stockage du fer dans l'organisme. Elle est constituée de 24 sous-unités qui s'auto-assemblent pour former une sphère creuse qui rappelle un peu la capside d'un virus. La ferritine utilisée ici est d'origine bactérienne. Les scientifiques ont donc créé des sphères qui portent la forme S-Fer de la protéine S et d'autres qui portent la forme S∆C-Fer.

Les deux sphères fusionnées avec les deux formes de la protéine S ont été injectées à dix souris. À la suite de la première injection, ces sous-unités ont favorisé l'apparition d'anticorps neutralisants. © Abigail E. Powell et al. ACS Central Science

Des anticorps neutralisants dès la première injection

Dix souris ont été immunisées avec 10 µg de ces sous-unités vaccinales en complément de deux adjuvants, le Quil-A (un adjuvant à base de saponines issues de l'arbre Quilaha saponaria) et du monophosphoryl lipid A (MPLA). Le protocole prévoit un rappel à 21 jours.

L'immunisation avec les deux types de sous-unités stimule efficacement le système immunitaire dès la première dose. La quantité d'anticorps neutralisants ainsi formés a été comparée avec celle de 20 patients guéris de la Covid-19. La vaccination induit une réponse neutralisante deux fois plus importante que celle observée dans le sérum des patients. Parmi les deux types de sous-unités testés, la forme S∆C-Fer est la plus immunogène. La seconde dose à 21 jours renforce les observations faites lors de la première injection.

Les chercheurs ne précisent pas si les quantités d'anticorps neutralisants mesurées après la première injection sont suffisantes pour contrecarrer l'infection virale. Néanmoins, les résultats présentés ici peuvent servir de base au développement d'un vaccin sous-unitaire potentiellement efficace dès la première injection.

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