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Sida : nouvelles armes, nouvelle approche

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La 47ème conférence annuelle sur les agents anti-microbiens (ICAAC), qui se tient cette année à Chicago (Illinois), n'a pas trahi l'esprit des précédentes et expose notamment de nouvelles méthodologies dans l'approche du Sida, et surtout de sa prévention.

Pour lutter contre le virus HIV, on peut tout simplement éviter qu'il ne s'accroche...

L'orientation des chercheurs privilégie cette fois la prévention de l'infection par le HIV, notamment en organisant la défense de l'organisme au niveau cellulaire. Et les résultats sont prometteurs.

Les scientifiques ciblent leur action sur le récepteur CCR5, qui à la surface des cellules lymphocytaires est utilisé par le virus pour s'y ancrer et y pénétrer avant de se répliquer. Bloquer ce processus équivaudrait donc à rendre le HIV parfaitement inoffensif pour l'organisme visé.

Nouvelle classe d'anti-rétroviraux

Dans ce but, une nouvelle classe d'anti-rétroviraux est au centre des travaux, et plusieurs études à ce sujet ont été présentées à la conférence. Dans cette véritable course aux armements pacifiques, le plus avancé semble le laboratoire Pfizer, dont les essais en cours concernent le Selzentry (Maraviroc).

Selon le docteur Jacob Lalezari, directeur de Quest Clinical Research et professeur de médecine à l'université de Californie (ouest) à San Francisco, des expériences effectuées sur le long terme autorisent de grands espoirs et cette molécule se révèle une arme redoutable dans la prévention du Sida. Les patients ayant reçu ce traitement sur une durée prolongée allant jusqu'à 48 semaines n'ont présenté aucun type d'intolérance, ce qui a démontré la parfaite innocuité du médicament, a-t-il précisé en substance.

Jacob Lalezari signale aussi que le taux de patients traités en multithérapie associée au Selzentry et dont la charge virale était devenue indétectable était trois fois supérieur à ceux ayant reçu une thérapie traditionnelle.

Autres versions, même principe

Le laboratoire Schering a présenté le Vicriviroc, dont les résultats ont été exposés. Fonctionnant sur le même principe neutralisateur du CCR5, celui-ci présente aussi d'intéressantes capacités anti-rétrovirales efficaces et durables, selon les termes du docteur Roy Gulick, de la faculté de médecine Weill-Cornell à New York. Cependant, et tout comme la concurrente Aplaviroc du laboratoire britannique GlaxoSmithKline, celle-ci a subi différents retards dans son développement ainsi que des revers, notamment en matière de toxicité hépatique, qui ont contraint à l'interruption des essais cliniques en phase 2.

Une autre équipe de chercheurs, issus des laboratoires Sangamo BioSciences à Richmond (Virginie), annonce avoir modifié par voie génétique le récepteur CCR5 des cellules humaines de façon à ce qu'il ne permette plus au VIH de s'y amarrer, et forme ainsi barrage à toute infection potentielle par le virus. Les essais cliniques, auquels le NIH (Institut National de la Santé) vient de donner son accord, devraient débuter prochainement.

Mais tout n'est pas rose en matière de lutte anti-Sida... Le docteur Moira McMahon, de la faculté de médecine de l'université Johns Hopkins à Baltimore (Maryland), balaie de faux espoirs concernant l'usage de l'Entecavir, un traitement puissant contre l'hépatite B et qui semblait aussi prometteur contre le HIV. En effet, si cet effet se confirme bien dans un premier temps, il semble entraîner ensuite l'apparition de variantes du HIV résistantes à la plupart des anti-rétroviraux.

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