La SEP est une maladie où le système immunitaire s’attaque à la gaine de myéline des neurones ce qui gêne la transmission des messages nerveux. © ralwel, Fotolia

Santé

Sclérose en plaques : les hommes moins à risque grâce à la testostérone

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Des chercheurs ont identifié un mécanisme expliquant que les hommes soient moins touchés que les femmes par la sclérose en plaques (SEP) : chez la souris, la testostérone stimule la cytokine IL-33, qui protège de la SEP. Cette molécule offre donc une piste de traitement pour les femmes souffrant de cette maladie invalidante.

La SEP est une maladie auto-immune dans laquelle le système immunitaire s'attaque à la gaine de myéline qui enveloppe les axones. Si la myéline est endommagée, la transmission du message nerveux est affectée, d'où les symptômes de la maladie. Les femmes sont trois fois plus touchées par la SEP que les hommes.

Pour savoir pourquoi, les chercheurs de l'université Northwestern ont utilisé un modèle de souris pour la SEP. Ils ont ainsi identifié une protéine, la cytokine IL-33, qui est stimulée par la testostérone. IL-33 stimule d'autres protéines en cascade, ce qui aboutit à réduire l'action de certaines cellules du système immunitaire, les lymphocytes Th17, qui s'attaquent à la gaine de myéline. IL-33 protège donc les mâles de la SEP. Lorsque des souris femelles ont été traitées avec la molécule IL-33, des symptômes de la SEP ont été supprimés.

Une piste de traitement pour la SEP

Cette étude explique donc pourquoi des niveaux importants de testostérone jouent un effet protecteur contre la SEP. De plus, pour Melissa Brown, qui s'exprime dans un communiqué« Ces résultats pourraient conduire à un nouveau type de thérapie pour la SEP, dont nous avons grandement besoin. » En effet, l'utilisation d'IL-33 comme traitement, plutôt que la testostérone directement, pourrait éviter certains effets secondaires liés à l'hormone masculine.

Chez les femmes, la SEP apparaît souvent plus tôt que chez les hommes. De plus, chez les hommes, le développement de la maladie, qui empire au fil du temps, semble corrélé à la diminution de testostérone liée à l'âge.

Pour en savoir plus

Sclérose en plaques : la traiter avec de la testostérone ?

Article de Destination Santé, paru le 21 février 2013

La testostérone, hormone masculine bien connue, pourrait devenir un traitement efficace de la sclérose en plaques. Une étude française menée sur des souris montre que les androgènes contribuent à préserver la myéline, indispensable pour la circulation du message nerveux. Une nouvelle preuve d'une composante hormonale de la maladie.

L'utilisation de testostérone pourrait-elle demain offrir une option thérapeutique contre la sclérose en plaques (SEP) ? C'est ce que suggèrent des chercheurs français, au terme d'une étude réalisée sur la souris dans la revue Brain. La SEP, qui frappe 80.000 patients en France, présenterait donc bien une composante hormonale.

« La testostérone et ses dérivés pourraient constituer un traitement efficace contre les maladies de la myéline telles que la sclérose en plaques », ont ainsi observé des scientifiques français (université de Strasbourg et université Paris-Sud).

Ce schéma explique la disposition de la gaine de myéline le long de l'axone d'un neurone. Celle-ci permet une meilleure isolation électrique de l'influx nerveux permettant au message de transiter bien plus efficacement d'un neurone à l'autre. © Selket, Wikipédia, cc by sa 3.0

La testostérone pour restaurer la myéline perdue

La myéline est la gaine protectrice qui entoure les axones reliant les neurones dans le cerveau et la moelle épinière. Chez les patients atteints de SEP, le système immunitaire s'attaque à cette gaine, affectant ainsi la capacité des neurones à transmettre l'information nerveuse. C'est ainsi que la SEP, une maladie qui évolue par poussées successives, provoque des troubles neurologiques et physiques.

Les chercheurs ont travaillé sur des souris dont les fibres nerveuses cérébrales avaient été démyélinisées. Ils ont montré que la testostérone, et une molécule analogue de synthèse, induisaient la régénération des cellules responsables de la production de myéline, les oligodendrocytes.

Ces résultats permettent donc « d'identifier le récepteur des androgènes comme une cible thérapeutique prometteuse pour le traitement de maladies comme la sclérose en plaques, soulignent les auteurs. On savait déjà que la maladie présentait une composante hormonale. En effet, les femmes sont deux fois plus atteintes que les hommes, bien que le pronostic soit moins bon pour le sexe masculin. De plus, il a été observé que les femmes enceintes atteintes de SEP se portent mieux durant leur grossesse lorsque leurs taux d'hormones sont élevés ». Des travaux complémentaires sont d'ores et déjà en cours.

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