Santé

Un électrocardiographe portable à connecter à un mobile

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Application des BAN, ces réseaux corporels sans fil destinés à la surveillance des paramètres physiologiques, ce petit appareil de 20 grammes, à appliquer sur la peau, transmet ses données à un mobile. Il peut aussi repérer si la personne qui le porte vient de tomber.

L'électrocardiographe se porte attaché à un collier passé autour du cou. Il surveille en permanence un certain nombre de paramètres physiologiques, le rythme cardiaque, la température et la position du corps par rapport à l'horizontale. Les données sont transmises à un mobile équipé d'un adaptateur. © NICT / Tech-On

Long d'une dizaine de centimètres, l'engin à trois pattes, grossièrement en forme de T, se porte comme un pendentif, accroché au cou, et se positionne de manière à ce que ses électrodes sèches collent à la peau, au niveau de la poitrine. C'est un électrocardiographe, donc destiné à enregistrer les pulsations cardiaques, qui travaille en permanence et expédie ses données par radio.

Ce modèle de 20 grammes miniaturise agréablement les électrocardiographes ambulatoires, qui se portent en bandoulière et que l'on considère comme légers lorsqu'ils descendent sous les trois cents grammes. Pour parvenir à un encombrement aussi faible, les concepteurs du National Institute of Information and Communications Technology (NICT), au Japon, ont éludé la question du stockage de données.

L'appareil, en effet, envoie continûment ses mesures par radio. Sa puissance d'émission étant très faible, le récepteur doit être placé tout près de la personne. Ce rôle est dévolu à un téléphone mobile, équipé d'un adaptateur. Dans le prototype réalisé, les courbes de l'électrocardiogramme s'affichent d'abord sur l'écran du mobile et les données peuvent ensuite être ensuite transférées dans un ordinateur. Mais elles pourraient aussi être transmises directement et automatiquement, par exemple au personnel médical d'un hôpital, pour surveiller des patients.

En haut, les deux faces de l'électrocardiographe. En bas, deux images, visualisées sur un écran d'ordinateur, montrant la détection de la position du patient. A droite, l'image montre que l'appareil, ici tenu à la main, est incliné. © NICT / Tech-On

L'appareil présenté produit plus qu'un électrocardiogramme. Ses capteurs enregistrent également la température de la peau et ses accéléromètres miniatures repèrent la position de la personne et peuvent donc détecter une chute.

Intéressant en soi, ce démonstrateur illustre des possibilités nouvelles offertes par des systèmes portés sur la peau ou même introduits à l'intérieur du corps et capables de communiquer avec l'extérieur. L'idée n'est pas nouvelle et on cherche aujourd'hui à standardiser les appareils chargés de suivre les paramètres physiologiques d'un patient. Ils devront communiquer ensemble au sein d'un réseau corporel sans fil, encore appelé BAN (body area network). Un travail de normalisation existe déjà, baptisé IEEE 802.15.6. Il fait partie du comité IEEE 802 chargé des réseaux et à qui l'on doit de multiples protocoles comme Ethernet, Token Ring, le RNIS et le Wi-Fi.

Un Bluetooth pour la médecine et les sportifs

Les groupes de travail 802.15 s'intéressent aux réseaux personnels et ont déjà le Bluetooth à leur actif. Très récent, le 802.15.6, lui, planche sur les applications en matière de santé. Né en décembre 2007, il commence à émettre ses premières propositions. Cet électrocardiographe miniature semble en être la première concrétisation.

En France, le projet BANET (Body Area Networks and Technologies) a été lancé en octobre 2008. Placé sous l'égide de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) et piloté par le CEA, il réunit neuf partenaires institutionnels ou industriels.

Il s'agit de mettre en place des protocoles d'échanges de données à très courtes distances et, surtout, utilisant des puissances extrêmement faibles, à la fois pour réduire au maximum les émissions d'ondes électromagnétiques et pour augmenter l'autonomie des appareils. La protection des données par cryptage est également au programme. L'électrocardiographe du NICT, par exemple, choisit ses clés de codage en utilisant les données physiologiques qu'il enregistre, par nature spécifiques de la personne. Le procédé est paraît-il bien plus économe en temps de calcul.

La normalisation semble indispensable. Ces réseaux devront intégrer des capteurs, corporels ou intracorporels, des systèmes de communication et des outils informatiques pour traiter ou stocker les données. Leur utilisation pourrait dépasser le domaine médical. Le projet BANET, d'ailleurs, prévoit déjà des applications pour les milieux sportifs.

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