Santé

Les conclusions de l’Inserm sur le bisphénol A

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Le bisphénol A est dans le collimateur des associations de consommateurs depuis longtemps, et une loi vient d'interdire la vente de biberons qui en contiennent. Par pression de l'opinion publique, l'Inserm publie une synthèse après l'analyse de 300 études sur le sujet, et en tire ses conclusions.

Les biberons contenant du bisphénol A sont désormais interdits à la vente. Crédits DR

Le bisphénol A, ou BPA, très présent dans notre environnement, est retrouvé dans le sang et les urines de plus de 90% de la population occidentale. La principale cause d'exposition serait l'ingestion de nourriture en contact avec du polycarbonate, composé en partie de BPA. Ainsi, le BPA peut migrer d'un emballage plastique (bouteilles d'eau, biberons, ou boîtes alimentaires) vers son contenu et finir dans notre estomac. Il est donc nécessaire de connaître les risques pour la santé d'une telle molécule.

Le rapport de l'Inserm, effectué par une commission d'experts composée d'épidémiologistes, de biologistes et de chimistes, a porté ses principales interrogations sur les effets de la molécule sur la fertilité, le BPA étant classé comme reprotoxique de catégorie 3 (la certitude de la nocivité des produits est classée à partir de la catégorie 1 et de façon décroissante). Le rapport établit que « les bisphénols interagissent avec les mêmes récepteurs [...] que les oestrogènes naturels ».

Le bisphénol A est constitué de carbone (noir), d'hyrdogène (blanc) et d'oxygène (rouge). © Edgar181 / Wikimedia Commons (domaine public)

Chez la souris, l'exposition au BPA « au cours de la période foetale ou périnatale » pourrait mener à l'apparition « de pathologies à l'âge adulte, tels les cancers de la prostate, du sein ou l'endométriose ».  De plus, des déficiences de fertilité sont retrouvées dans les générations suivantes, non exposées au BPA.

Trop peu d’études effectuées

L'ensemble des résultats mis en avant dans ce rapport semblent indiquer un risque potentiel lié au BPA, sans pour autant conclure fermement. En effet, l'Inserm indique que les travaux effectués jusqu'à présent ne sont pas suffisants : il existe un manque d'études épidémiologique menées sur l'homme, et le meilleur modèle animal pour ce genre d'étude reste encore à déterminer. Ainsi, les doutes subsistants doivent être confirmés par de nouvelles recherches plus approfondies.

L'Institut national de la santé et de la recherche médicale ne souhaite pas être alarmiste, mais reste en faveur du principe de précaution, surtout pour nos tout petits.

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