La cigarette électronique : un moyen tentant pour arrêter de fumer mais dont l'efficacité reste à démontrer. © Eryk Rogozinski/Fotolia

Santé

Cigarette électronique : un risque de cancers et de maladies cardiaques

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Même si le vapotage semble moins dangereux que le tabagisme, la cigarette électronique favorise des dommages aux cellules du poumon, de la vessie et du cœur. C'est ce que suggère une étude effectuée sur des souris et des cellules humaines en laboratoire.

Ces travaux qui laissent penser que la vapeur de nicotine serait peut-être plus nocive qu'on ne le pensait ont été menés par des chercheurs de la faculté de médecine de l'université de New York et publiés lundi dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (Pnas).

Les rongeurs, exposés au vapotage pendant douze semaines, ont aspiré de la vapeur de nicotine équivalente en dose et durée à dix ans de vapotage pour les humains. À la fin de cette expérience, les scientifiques ont constaté des dommages dans l'ADN des cellules des poumons, de la vessie et du cœur de ces animaux ainsi qu'une réduction du niveau de protéines réparatrices des cellules dans ces organes comparativement aux souris qui avaient respiré de l'air filtré pendant la même période.

Des effets néfastes similaires ont été observés dans des cellules humaines de poumon et de vessie exposées en laboratoire à de la nicotine et à un dérivé cancérogène de cette substance (nitrosamine). Ces cellules ont subi notamment des taux plus élevés de mutations tumorales.

« Bien que les cigarettes électroniques contiennent moins de substances carcinogènes que les cigarettes conventionnelles, le vapotage pourrait présenter un risque plus grand de contracter un cancer pulmonaire ou de la vessie ainsi que de développer des maladies cardiaques », écrivent les chercheurs dont le professeur Moon-Shong Tang, professeur de médecine environnementale et de pathologie à la faculté de médecine de l'université de New York, le principal auteur.

La cigarette électronique permet de réduire sa consommation de tabac. © Stepan Popov, Fotolia

L’e-cigarette reste une alternative au tabac

Les fabricants de cigarettes électroniques font valoir qu'elles sont une alternative plus sûre que les produits traditionnels du tabac. Des recherches pour examiner les effets à long terme sur la santé du vapotage ont été effectuées mais les conclusions sont mitigées.

En 2016, le Médecin général des États-Unis (US Surgeon General), Vivek Murthy a estimé que « l'ampleur du vapotage parmi les jeunes Américains constituait une inquiétude majeure de santé publique », citant une augmentation de 900 % du taux d'utilisation des cigarettes électroniques parmi les lycéens.

Un rapport des Académies américaines des sciences et de médecine publiée le 23 janvier a conclu que la nicotine contenue dans les cigarettes électroniques pouvait créer une accoutumance chez les jeunes, les prédisposant à fumer du tabac.

Les auteurs qui ont analysé 800 études scientifiques, ont également estimé que le vapotage serait moins nocif que de fumer des cigarettes conventionnelles et pourrait aider les fumeurs à arrêter. Par conséquent, « à ce stade, on ignore si la cigarette électronique a un impact positif ou négatif sur la santé publique », concluaient-ils.

  • Chez des rongeurs, la vapeur de nicotine crée des dommages à l'ADN des poumons, de la vessie et du cœur.
  • Ces résultats ont été confirmés sur des cellules humaines de poumon et de vessie.
  • La cigarette électronique contient moins de substances cancérogènes que la cigarette traditionnelle.
Pour en savoir plus

Non, la cigarette électronique n'est pas un médicament

Article de Destination Santé paru le 2 mars 2010

Son efficacité n'a jamais été démontrée, son statut - médicament ou pas ? - n'a jamais été précisé : la cigarette électronique, affirme l'Office français de Prévention du Tabagisme, ne devrait pas être vendue en pharmacie.

Après qu'un pharmacien, s'exprimant lors d'un journal de France 2 le 25 février dernier, ait présenté la cigarette électronique comme un produit d'arrêt du tabac comparable aux médicaments, l'Office français de Prévention du Tabagisme (OFT) monte au créneau. « En aucun cas ce procédé n'est un dispositif médical » affirment ses responsables.

S'appuyant sur les recommandations de l'Agence française de Sécurité sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) et sur l'avis de la Haute Autorité de Santé (HAS), l'OFT souligne que « la cigarette électronique n'a pas fait l'objet d'études suffisantes pour (qu'on puisse) considérer qu'elle serait efficace contre la nicotine ». L'OFT va même plus loin.

Des études sont indispensables

Si la cigarette doit être considérée comme un produit de substitution, force est de constater qu'en aucun cas elle n'enlève l'envie de fumer puisqu'elle entretient la gestuelle du fumeur. Plus grave encore, ce produit pourrait même... encourager certains non-fumeurs à passer à l'acte.

L'OFT condamne donc sa vente en pharmacie en rappelant que « l'ancien président du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens [Jean Parrot, NDLR] déconseillait aux officines de vendre ces dispositifs », et demande que la cigarette électronique se voit attribuer un statut clair et précis. Si elle est considérée comme un produit du tabac, elle doit être vendue chez les buralistes ; si c'est un médicament, alors elle doit faire l'objet d'études dignes de ce nom préalablement à sa mise sur le marché...

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