Santé

Cancers en hausse, mortalité en baisse

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En 25 ans, le nombre de cas de cancers en France a presque doublé, selon l'Institut de veille sanitaire, qui vient de révéler les résultats d'une vaste étude statistique. Mais les cancers mortels régressent au profit des tumeurs moins agressives, si bien que la mortalité s'est réduite.

Les registres de cancer en France. © InVS

De 170.000 en 1980, le nombre de cas de cancers découverts en une année (ce que l'on appelle le taux d'incidence annuel) est passé à 320.000 en 2005. Les femmes et les hommes ne sont pas égaux devant la maladie puisque l'augmentation est de 84  % chez les premières et de 93 % chez les seconds. Pendant la même période, le risque de mortalité s'est réduit de 24 %.

Cette différence vient d'une régression des cancers les plus dangereux (œsophage, estomac et voies digestives supérieures), expliquée en partie par une diminution de la consommation d'alcool et de tabac, et d'une progression de ceux que l'on sait le plus souvent guérir (prostate, seins). C'est l'un des enseignements de l'étude statistique menée en France par l'Institut de Veille sanitaire (InVS), qui vient d'en publier les résultats (elle est téléchargeable en format PDF). Elle porte sur 600.000 cas de cancers recensés entre 1975 et 2003 dans les registres du réseau Francim, qui ne concerne qu'un certain nombre de départements. Les chiffres de l'étude, donnés pour la France entière, résultent donc d'une extrapolation au niveau national. Les chiffres 2004 et 2005 sont issus d'une extrapolation supplémentaire.

Cancer du poumon en hausse chez les femmes

Selon l'analyse de l'InVS, le quasi doublement du taux d'incidence est dû pour 25 % à l'augmentation de la population, pour 20 % à son vieillissement et pour le reste (55 % chez les hommes et 52 chez les femmes) à l'augmentation du risque. Dans ce dernier cas, la hausse est surtout due au cancer du sein chez les femmes (la moitié de l'augmentation) et à celui de la prostate chez les hommes (70 %). Ces deux pathologies étant dépistées de plus en plus tôt et aujourd'hui d'autant mieux soignées qu'elles sont détectées précocement, on comprend qu'elles influent à la hausse sur le nombre de cas repérés et à la baisse sur celui du risque de mortalité.

Après ces deux cancers, le numéro trois à l'aune de l'incidence est le cancer colo-rectal, une fois et demie plus fréquent chez l'homme que chez la femme, 37,5 contre 24,5 en taux standardisé d'incidence (nombre de cas pour une population théorique de 100.000 personnes d'une même structure d'âge).

Le cancer le plus meurtrier reste celui du poumon, qui a fait 26.000 morts en 2005. Les hommes sont très largement les plus touchés (78 % des cas observés) mais la maladie régresse pour eux : le taux annuel d'incidence a diminué de 0,5 % par an et le taux de  mortalité de 1,7 %. Chez les femmes, en revanche, entre 2000 et 2005, l'incidence annuelle a augmenté de 5,8 % et la mortalité de 4,2 %. Un taux jugé préoccupant...

Globalement, ces chiffres sont proches de ceux des pays européens. Mais le rapport ne dit rien sur les facteurs liés à l'environnement, un phénomène toujours mal étudié.

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