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Cancer : la mortalité recule en France

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Des bonnes nouvelles sont annoncées par un rapport de l'Institut national du cancer : depuis 20 ans, la mortalité par cancer a reculé en France de 22 % pour les hommes et dans une moindre mesure pour les femmes. Une meilleure prise en charge des patients serait en partie responsable de ces bons chiffres.

La mortalité due au cancer a diminué de 22% pour les hommes et de 14 % pour les femmes. L'amélioration des traitements n'est pas étrangère à cette évolution. © Mll, Flickr, CC by-nc 2.0

L'Institut national du cancer (Inca), en lien avec l'INVS, l'Inserm et le réseau français des registres de cancer Francim, a publié aujourd'hui un rapport intitulé Dynamique d'évolution des taux de mortalité des principaux cancers en France. Il donne des chiffres plutôt rassurants quant à l'évolution de la mortalité par cancer en France. Quel que soit le sexe ou la région, et pour quasiment tous les types de cancer, la mortalité a reculé depuis 20 ans. Une tendance qui devrait se poursuivre dans les prochaines années.

Première constatation, les hommes et les femmes ne sont pas égaux face à cette maladie, puisque le cancer représente la première cause de décès chez les hommes (33 % des décès) et seulement la deuxième cause chez les femmes (23 % des décès). Sur les 150.000 décès par cancer par an en moyenne (entre 2003 et 2007), plus de 88.000 sont des hommes et presque 60.000 sont des femmes. L'âge médian de décès par cancer est aussi au bénéfice de la femme (76 ans contre 72 ans pour l'homme).

En revanche, si le taux de mortalité par cancer a une forte tendance à diminuer pour l'ensemble de la population, le recul est plus net pour les hommes. Alors que 208,7 décès pour 100.000 personnes par an étaient comptabilisés il y a 20 ans (entre 1983 et 1987), ce taux était de 162,6 entre 2003 et 2007, soit une baisse de 22 %. Selon les projections par modélisation, le recul pourrait encore s'accélérer pour atteindre 141,8 en 2010.

Le cancer du poumon (dont on voit ici des cellules tumorales), possède un taux de mortalité élevé et en augmentation chez les femmes. © Anne Westin, LRI, CRUK, CC by-nc-nd 2.0

Le cancer du poumon (dont on voit ici des cellules tumorales), possède un taux de mortalité élevé et en augmentation chez les femmes. © Anne Westin, LRI, CRUK, CC by-nc-nd 2.0

Pour les femmes, la diminution de la mortalité est plus progressive car elle passe de 92,8 décès pour 100.000 personnes par an à 79,9 en vingt ans, soit un recul de 14 %. Selon les estimations, ce chiffre devrait encore baisser pour atteindre 77,5 en 2010. Ces chiffres sont modérés par l'augmentation du nombre de décès par cancers du poumon, corrélés à l'augmentation du tabagisme féminin au cours des dernières décennies.

En ce qui concerne l'âge, la mortalité par cancer touche en grande majorité les personnes âgées de 65 ans et plus (71 %). Il y a donc toujours 29 % de décès par cancer qualifiés de « prématurés », principalement causés par le cancer du poumon et le cancer du sein.

Amélioration de la prévention, du diagnostic, des traitements

Ces évolutions très positives ont plusieurs origines. Ils sont tout d'abord un reflet de la modification des comportements à risques, grâce à la prise de conscience de la population et probablement aux différentes campagnes de sensibilisation. Le tabagisme et la consommation d’alcool sont ainsi en recul, ce qui diminue le nombre des cancers typiquement liés à ces pratiques (les cancers de l'ensemble « lèvre, bouche, pharynx » ou de l'œsophage) et donc la mortalité associée.

Si la prévention est une réussite, la prise en charge médicale des patients a également permis ce recul de la mortalité. Des dépistages plus précoces, de nouvelles thérapies basées sur l'utilisation de molécules plus efficaces permettent de guérir plus de patients, ou au moins de ralentir l'évolution de la maladie. C'est le cas des cancers du sein et de la prostate, pour lesquels l'incidence (le nombre de cas diagnostiqués sur une période donnée) est en hausse, alors que la mortalité diminue.

Le plan cancer 2009-2013 mis en place par le gouvernement devrait encore favoriser l'amélioration des pratiques médicales et renforcer la coordination des soins pour corriger les inégalités de santé face au cancer.

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