Pour la rougeole, la France fait office de mauvaise élève avec un nombre de cas dépassant tous les pays européens. Pour quelle raison, et quel est l’impact de la vaccination ? Explications.
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La rougeole est une infection virale souvent bénigne qui se traduit par une forte fièvrefièvre, de la toux, des yeuxyeux larmoyants et une éruption cutanée caractéristique qui persiste cinq à six jours. Dans certains cas, en particulier chez les jeunes enfants, elle peut être très sévère et peut même conduire à la mort. Heureusement, il existe un vaccin efficace pour lutter contre le virusvirus. Ainsi, entre 2001 et 2011, le nombre de cas de rougeolerougeole a baissé de 71 % dans le monde. Mais à la fin des années 2000, la France a connu une flambée d'ampleur exceptionnelle, à tel point qu'en 2011, année du pic épidémique, un cas européen sur deux était français. Une présentation montre l'explosion des cas de rougeole en France.

Dans notre pays, on a recensé plus de 23.000 cas de rougeole entre 2008 et 2011, dix morts dont huit de moins de 30 ans, 34 cas de complications neurologiques, 1.500 pneumopathies et un tiers des patients hospitalisés. « Cette épidémieépidémie a été très spécifique par son envergure et ses conséquences », précise Charlotte Biron, docteur au CHU de Nantes. « Contrairement à l'image qu'elle véhicule, la rougeole n'est pas une maladie bénigne. Ses complications peuvent être gravissimes alors qu'elle peut être évitée par la vaccinationvaccination. » À ses yeux, cela ne fait aucun doute : cette flambée est due à une insuffisance de couverture vaccinale par rapport aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un seuil de 95 %.

Or, depuis le début des années 1980, la France n'a jamais atteint ce fameux seuil, contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne qui le dépasse depuis 2003. Selon Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l'Institut de veille sanitaire (InVSInVS), l'épidémie serait due à une vaccination insuffisante en France au cours des années 1980-2000. « Une part importante des enfants nés au cours de cette période a grandi en restant susceptible à l'infection », explique-t-il. La maladie a pu être éliminée de nombreux pays, comme aux États-Unis où elle n'existe pratiquement plus depuis 2000. À noter cependant que ces dernières semaines, quelques foyersfoyers épidémiques sont survenus ici et là, à New York par exemple. Les victimes sont généralement des nourrissons, trop petits pour se faire vacciner ou dont les parents sont opposés à la vaccination.