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Aucun vaccin possible contre le paludisme ?

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Le parasite responsable du paludisme, dénommé Plasmodium falciparum, serait plus ancien et plus diversifié d'un point de vue génétique que ce que pensaient certains scientifiques, d'après une nouvelle étude menée par Xin-zhuan Su et ses collègues du National Institute of Allergy and Infectious Diseases (Bethesda, Maryland, Etats-Unis).

Ceci signifie pour les chercheurs qu'il sera très difficile de mettre au point des médicaments et vaccins efficaces contre la maladie. Il y a quelques années, un chercheur de l'Université de Californie, Francisco Ayala, suggéra que la majorité des parasites disparut il y a 3000 à 5000 ans de cela. La population restante de Plasmodium falciparum, pensa-t-il, génétiquement plutôt homogène, serait par conséquent peu équipée pour développer une résistance aux médicaments et aux vaccins. Des espoirs de succès dans la lutte contre la maladie naquirent.

L'analyse génétique de Plasmodium falciparum réalisée par Su et ses collègues permet de conclure à une évolution séparée des parasites à partir d'une période comprise entre - 100000 et - 180000 ans, au moment à peu près où la population humaine connut une explosion démographique. Le parasite accompagna semble-t-il les humains qui commencèrent alors à migrer à travers le monde.

L'étude dirigée par Su a porté sur un large échantillon de parasites des diverses régions du monde. Il s'agit de la plus vaste étude menée jusqu'à l'heure sur P. falciparum. Elle montre que ce dernier est doté d'une diversité génétique suffisante pour constituer un véritable défi aux mesures de santé publique, confirme Andrew Clark, de l'Université Cornell (Ithaca, New York, Etats-Unis). Cependant, une meilleure connaissance du contenu génétique de P. falciparum peut permettre de définir des stratégies pour combattre la maladie, selon Karen Day, de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni).

Su a par ailleurs étudié le parasite résistant à la chloroquine, un antipaludéen répandu. Il s'avère que cette résistance remonte aux années 50 et évolua séparément en plusieurs endroits : Asie du Sud-est, Amérique du Sud et Papouasie Nouvelle-Guinée. Il a aussi découvert que le parasite responsable de la résistance à la chloroquine en Asie du Sud-est à partir des années 50 se propagea en Afrique, entraînant l'émergence de la résistance sur ce continent environ 20 ans plus tard.

Ainsi non seulement P. falciparum est doté d'un appareil génétique diversifié le rendant difficile à combattre, mais il se révèle de surcroît apte à évoluer et à développer rapidement des résistances aux médicaments, ainsi qu'à les transmettre. Chaque année le paludisme tue 1 à 2 millions de personnes, essentiellement des enfants, et affecte environ 300 millions de personnes.

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