Le variant du coronavirus BA.2.86 (Pirola), surveillé de près par l'Organisation mondiale de la santé, a été détecté en France pour la première fois. Que savons-nous de ce premier cas clinique ? 


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    Santé publique France, le CNR Virus des infections respiratoires et le consortium Emergen pilotent une surveillance génomique du virus SARS-CoV-2, responsable de la maladie à Covid-19. À l'échelle nationale comme à l'échelle mondiale, cette surveillance génomique est un élément très important dans la lutte contre le virus. Cela permet de détecter les variants émergents de manière précoce, et si nécessaire, de mettre en place des mesures de protection des populations. Dans ce cadre, le tout premier cas français de variant B1.2.86, ou Pirola, a été retrouvé dans des prélèvements datant de la semaine du 21 août 2023. Le patient est localisé dans la région Grand Est. 

    Les données actuellement disponibles sur le variant Pirola

    À ce jour, il existe 26 échantillons de Pirola. La répartition dans le monde est la suivante :

    • dix séquences ont été retrouvées au Danemark ;
    • quatre en Suède ;
    • quatre aux États-Unis ;
    • deux au Portugal ;
    • deux en Afrique du Sud ;
    • un au Canada ;
    • un au Royaume-Uni ;
    • un en Israël  ;
    • et donc un en France.

    Cela signifie qu'il est déjà présent dans une grande partie du monde. 

    Concernant ses caractéristiques et son potentiel impact sur la suite de la pandémie de coronavirus, des études sont en cours. Il est trop tôt pour apporter des réponses. Pour le moment, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. De plus, les populations sont maintenant bien immunisées contre les variants précédents, soit grâce à la vaccinationvaccination, soit par une ou plusieurs infections. 


    Que savons-nous du variant du coronavirus BA.2.86, aussi surnommé Pirola ?

    Article de Julie KernJulie Kern publié le 24 aout 2023

    L'OMS a un nouveau variant du coronavirus à surveiller sur sa liste. Surnommé Pirola, mais appelé BA.2.86, que savons-nous de ce variant au destin évolutif atypique ?

    Après le variant Eris il y a quelques jours, c'est le variant BA.2.86 ou « Pirola » qui est dans le viseur de l'OMS (Organisation mondiale de la santéOrganisation mondiale de la santé). Seulement quelques séquences de ce dernier ont pu être analysées par les spécialistes qui suggèrent qu'il serait un descendant de la lignée BA.2 d'OmicronOmicron, responsable de plusieurs pics de cas durant l'année 2022.

    La valse des variants continue

    Au 14 août 2023, les experts n'ont à disposition que trois séquences génétiquesgénétiques de BA.2.86 pour étudier ses caractéristiques. Elles ont été prélevées au Danemark et en Israël, mais ce variant est aussi présent aux États-Unis. La protéineprotéine S de BA.2.86, indispensable à l'infection des cellules hôtes, porteporte plus de 30 mutations en comparaison à BA.2. Pour avoir accumulé autant de mutations, les scientifiques émettent l'hypothèse que BA.2.86 a émergé chez un patient ayant une infection chronique ou de longue durée, mais il faudra analyser plus de séquences génétiques pour en avoir la certitude. 

    BA.2.86 semble avoir une histoire évolutive particulière car il apparaît plus proche des variants historiques, tels Alpha ou Omicron, que des variants les plus récents comme la famille XBB. Selon toute vraisemblance, il est déjà présent au niveau mondial mais il est encore difficile de prévoir s'il sera responsable de pics de contaminationcontamination. Les scientifiques ne savent pas encore s'il est plus virulent que les autres variants, rien à l'heure actuelle ne permet de le savoir. Les infections passées et la vaccination devraient empêcher les patients infectés de développer une forme grave.