Des scientifiques de Pékin ont réalisé une prouesse scientifique en clonant avec succès un singe, un macaque rhésus, appelé Retro. Ce résultat a été obtenu en utilisant une technique avancée de transfert nucléaire. Cela ouvre des portes à de futures applications médicales, malgré des défis techniques et éthiques importants.


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    L'Académie chinoise des sciences a récemment franchi un jalon remarquable en clonant un macaque rhésusmacaque rhésus. Ce primateprimate, surnommé Retro, vit maintenant depuis plus de deux ans. Cela constitue une preuve de la réussite de la technique de transfert de noyau de cellule somatique, précédemment employée pour cloner divers animaux. Les résultats ont été publiés dans Nature communications. Cependant, cette réussite soulève de nombreux défis, tant techniques qu'éthiques.

    Les macaques sont des animaux très intelligents. En Thaïlande, ils ont appris à voler des objets de grande valeur pour pouvoir obtenir plus de nourriture en retour ! © Futura

    Comment ça marche ? 

    Le processus de clonage implique le transfert d'un noyau de cellule somatique de l'animal que l'on souhaite cloner dans une cellule embryonnaire. Cette technique a déjà été utilisée pour cloner des animaux aussi variés que des vachesvaches, des souris et même la fameuse brebis écossaise, Dolly. Cependant, le taux de réussite demeure faible, avec des résultats variant entre 1,5 et 8,9 % de naissances vivantes.

    Les chercheurs chinois ont réussi à identifier une des raisons de ces échecs. Ils ont mis au point une solution pour améliorer le taux de réussite. Cette innovation s'appuie sur une excellente compréhension des mécanismes complexes de reprogrammation génomique et de leur capacité à compenser les anomalies génétiques, notamment au niveau du placenta. Par exemple, les auteurs ont identifié et corrigé des défauts tels que la méthylation réduite et la perte de l'empreinte génomiquegénomique dans les embryonsembryons clonés. De plus, ils ont développé une technologie pour remplacer les trophoblastestrophoblastes, la couche externe de l'embryon qui forme le placentaplacenta, augmentant ainsi le taux de succès des naissances. Les efforts des chercheurs ont abouti à la naissance de Retro après 113 tentatives.

    Image du site Futura Sciences

    La perspective du clonage humain est vertigineuse. © andriano_cz, Fotolia

    Des implications éthiques 

    Les progrès dans les techniques de clonage offrent des perspectives médicales prometteuses, notamment pour l'amélioration de l'assistance médicale à la procréation. Malgré ces avancées spectaculaires d'un point de vue scientifique, le clonage soulève des questions éthiques considérables. La principale concerne le risque de clonage humain. En effet, les animaux que les scientifiques réussissent à cloner sont des animaux de plus en plus proches de l'Homme. Des réflexions, accompagnées d'un cadre réglementaire harmonisé au niveau mondial, sont indispensables pour guider l'avenir de la recherche dans ce domaine. Il est impératif que la communauté scientifique et la société dans son ensemble abordent ces défis de manière réfléchie et responsable, pour garantir que l'utilisation de telles technologies sera bel et bien au service de l'humanité.