En stimulant la perception d'une odeur chez le rat, des chercheurs allemands ont observé un effet sur l'hippocampe, une structure cérébrale impliquée dans la formation des souvenirs. Le cerveau olfactif jouerait un rôle particulier dans la mémoire.

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Dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, l'odeur de la madeleine évoque une foule de souvenirs anciens au narrateur. Mais comment l'odorat interagit-il avec la mémoire ? C'est la question sur laquelle se sont penchés des scientifiques de l'université de la Ruhr à Bochum (Allemagne).

Dans un article paru en ligne dans la revue Cerebral Cortex, ils ont mis en évidence un nouveau mécanisme par lequel l'olfaction agit sur les centres de la mémoire. Pour arriver à cette conclusion, ils ont travaillé sur le cortexcortex piriforme, qui fait partie du cerveaucerveau olfactif, pour savoir comment il influence le stockage de l'information dans une structure importante pour la mémoire : l'hippocampehippocampe. L'hippocampe utilise des informations reçues de différents centres cérébraux pour constituer des souvenirs grâce au mécanisme de plasticité cérébraleplasticité cérébrale : par exemple, la transmission d'informations est améliorée au niveau de certaines synapsessynapses, pour stocker une information dans la mémoire.

Le cortex olfactif influence la mémoire

Pour leurs travaux, les chercheurs ont activé les voies de la perception olfactive dans le cerveau de rats, en stimulant électriquement le cortex piriforme. L'hippocampe répondait directement à cette stimulationstimulation, en modifiant l'activité électrique du gyrus dentégyrus denté, situé dans l'hippocampe. D'après le communiqué de l’université, la stimulation du cortex piriforme augmenterait la plasticité synaptique au niveau de l'hippocampe.

Ensuite, les chercheurs ont regardé comment le cortex piriforme entre en compétition avec une autre structure qui envoie des informations sensorielles à l'hippocampe : le cortex entorhinal. Ils ont observé que la stimulation du cortex entorhinal conduisait à des réactions de l'hippocampe bien différentes de celles du cortex piriforme. L'olfaction jouerait donc un rôle particulier dans la mémorisation.