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La perte de l'odorat signalerait un risque accru de décès dans les 5 ans

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Les personnes âgées incapables d'identifier de simples odeurs sont à risque accru de décéder dans les cinq ans, selon une recherche publiée récemment dans la revue Plos One.

Le parfum des fleurs tient à l'association de quelques-uns de leurs composés, que les chimistes sont capables d’analyser ensemble pour détecter une seule et unique senteur. Lorsque l'on ne sent plus ce parfum, c'est non seulement dommage mais, peut-être, mauvais signe ! © Dennis Wong, Flickr, cc by 2.0

Des chercheurs ayant mené une étude sur le sens de l'odorat chez les personnes âgées ont déterminé que 39 % des sujets de 57 à 85 ans incapables de reconnaître des odeurs simples comme celle de la rose, de l'orange, du poisson, de la menthe et du cuir sont décédés dans une période de cinq ans, contre 19 % des participants avec une perte modérée de l'odorat et 10 % chez ceux pouvant sentir normalement.

Le dysfonctionnement olfactif s'est avéré être un meilleur indicateur du risque de mortalité qu'un diagnostic d'insuffisance cardiaque, de cancer ou de maladie pulmonaire, selon ces scientifiques de l'université de Chicago, dont les travaux viennent de paraître dans la revue Plos One. Seules des pathologies hépatiques graves sont un indicateur plus fort de la probabilité de décéder dans les cinq ans, précisent les auteurs de cette recherche.

L'étude, qui fait partie du projet du National Social Life, Health and Aging Project, a été conduite auprès de 3.000 hommes et femmes représentatifs de la population âgée américaine. Près de 78 % des personnes testées ont été classés comme ayant un odorat normal, identifiant quatre ou cinq odeurs sur les cinq, ce qui correspond aux données sur la population.

L'odorat semble diminuer avec l'âge, comme les autres sens. Sa perte pourrait bien signaler un risque élevé de décès dans une période de cinq ans. © Marmotte73, Flickr, cc by nc sa 2.0

Le signe d'une baisse de la capacité générale de régénérescence ?

Environ 20 % des participants ont été classés comme hyposmiques, ne reconnaissant que deux à trois des odeurs, les 3,5 % restants comme anosmiques, c'est-à-dire privés d'odorat ou presque. Ils n'ont pu reconnaître qu'une des cinq odeurs du test et aucune pour 1,1 % du groupe. L'âge fait une grosse différence : 64 % des plus jeunes (57 ans) ont pu reconnaître toutes les odeurs contre seulement 25 % des plus âgés (85 ans).

Cette équipe de chercheurs qui comprenait des psychologues, des médecins, des sociologues et des statisticiens a avancé plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. L'une d'entre elles part du fait que le système olfactif est doté de cellules souches capables de se régénérer. Une diminution de l'odorat pourrait signaler une baisse de la capacité générale de régénérescence de l'organisme avec l'âge, ce qui accroîtrait toutes les causes de mortalité, avancent ces scientifiques.

« Nous pensons que la perte de l'odorat, c'est un peu comme un canari dans une mine de charbon », estime le docteur Jayant Pinto, un des principaux auteurs de l'étude et professeur adjoint de chirurgie spécialisé dans la génétique et le traitement des maladies olfactives. « Cela n'est pas une cause directe de la mort mais un signe avant-coureur que quelque chose ne tourne plus rond dans l'organisme », a-t-il ajouté. Selon lui, les résultats de cette recherche « pourraient permettre de développer des tests cliniques utiles et pas chers, capables d'identifier rapidement des personnes courant un plus grand risque de mortalité ».

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