Le cancer du sein, un cancer fréquent chez la femme. © romaset, Adobe Stock
Santé

Ce traitement contre le cancer du sein s'annonce très prometteur

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Entre 10 à 20 % des cancers du sein sont dits « HER2+ ». La surexpression de ce récepteur confère un avantage aux cellules cancéreuses mais constitue aussi une cible thérapeutique importante. Les résultats de la phase 3 de l'essai clinique Destiny-Breast03 montrent que la combinaison d'un anticorps thérapeutique et d'une molécule cytotoxique augmente la survie des patientes. 

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Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme ; il est aussi le plus meurtrier. Entre 10 à 20 % d'entre eux sont qualifiés de HER2+ car les cellules malignes ont à leur surface une quantité anormalement élevée de récepteurs HER2, activés par des facteurs de croissance. Ces récepteurs confèrent au cancer un avantage non négligeable : il prolifère rapidement, et moins sujet à l'apoptose - le phénomène de mort cellulaire - et s'entoure de nombreux vaisseaux sanguins pour assurer son apport en oxygène et en nutriments

Cible thérapeutique importante, la recherche d'une surexpression d'HER2 est systématique chez les femmes atteintes d'un cancer du sein. Empêcher l'activation d'HER2, c'est limiter la croissance et la prolifération du cancer. La stratégie de soin pour les cancers du sein HER2+ est basée sur deux éléments : un anticorps monoclonal qui se fixe à HER2 et bloque son activation et une molécule chimique cytotoxique. Plusieurs combinaisons sont disponibles sur le marché et prescrites selon l'état de santé de la patiente et de la réponse du cancer.

Parmi l'arsenal thérapeutique à disposition, le traitement de première ligne peut être composé du trastuzumab (connu aussi sous le nom d'Herceptin), l'anticorps monoclonal et d'un taxane, la molécule cytotoxique. Sans résultats probants, une combinaison du trastuzumab et d'emtansine, une molécule qui inhibe l'assemblage des microtubules, un élément central du cytosquelette, peut être utilisée. Enfin, en troisième ligne, une combinaison du trastuzumab avec le deruxtecan, une molécule qui interfère avec la topoisomérase, une enzyme interagissant avec l'ADN.

Une cellule normale comparée à une cellule cancéreuse où le nombre de récepteurs HER2 augmente. © Institut national du cancer

Une survie globale améliorée avec le trastuzumab-deruxtecan

Dans le cadre de l'essai clinique Destiny-Breast03, une équipe internationale de chercheurs a réévalué l'utilisation du trastuzumab-deruxtecan en tant que traitement de deuxième ligne, et comparé ses bénéfices et sa sécurité à celles du traitement habituel, le trastuzumab-emtansine. Selon les résultats de la phase 3 des investigations, parus dans The New England Journal of Medicine, le trastuzumab-deruxtecan augmente significativement la survie sans progression de la maladie des patientes atteintes d'un cancer du sein HER2+.

Elles sont 524 patientes à avoir été assignées au hasard dans l'un des deux groupes. Ces dernières ont toutes reçu un traitement composé de trastuzumab-deruxtecan qui n'a pas fonctionné. Les résultats montrent que 75 % des patientes traitées par le trastuzumab-deruxtecane présentent une survie sans progression de la maladie à 12 mois, contre seulement 38 % de celles traitées par trastuzumab-emtansine. La survie globale est aussi meilleure avec le trastuzumab-deruxtecane : 94,1 % des patientes étaient encore en vie 12 mois après ce traitement contre 85,9 %.

Des effets secondaires importants

Néanmoins, le trastuzumab-deruxtecan induit beaucoup plus d'effets secondaires que le trastuzumab-emtansine. Presque toutes les patientes (98,8 %) en ont rapporté durant l'essai clinique, dont près de la moitié sont des évènements indésirables de stade 3 ou 4. Parmi les plus fréquents, les scientifiques notent l'apparition de maladie et d'infection pulmonaire. Plus de 10 % des patientes traitées avec le trastuzumab-deruxtecan sont concernées contre seulement 1,4 % de celles traitées avec le trastuzumab-emtansine. Malgré ses effets secondaires importants, le trastuzumab-deruxtecane en deuxième intention augmente réellement la survie des patientes et diminue les risques de progression.

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