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Le bronzage uniforme est physiologiquement impossible

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Le beau bronzage uniforme est un rêve apparemment inaccessible : des chercheurs écossais ont montré que toutes les parties du corps ne réagissent pas de la même manière face au soleil.

Le soleil produit des UV, responsables du bronzage mais aussi des cancers de la peau. © Lykaestria / Licence Creative Commons

Le bronzage est le résultat de la production de mélanine par les mélanocytes de la peau. Ces cellules, qui représentent environ 10% des cellules de la peau, sont activées par les rayons ultraviolets du soleil (principalement les UV-B) et produisent des mélanosomes, des vésicules qui contiennent les pigments de mélanine. La mélanine est véhiculée vers les autres cellules de la peau, les kératinocytes, afin de protéger leur noyau (qui contient l'ADN) contre les mutations induites par le soleil.

Les vacances constituent le moment idéal pour peaufiner son bronzage. Pour les paresseux, rien de tel que lézarder sur un transat au bord de la piscine ou sur sa natte à la plage. Les sportifs, eux, se jettent sur les activités de plein air. Tous les moyens sont bons pour activer la mélanine... Mais pour avoir un beau bronzage uniforme et sans les marques du maillot, il ne suffit pas de prendre ses vacances dans un camp nudiste. En effet, des études très sérieuses effectuées à l'Université d’Edimbourg se sont intéressées aux caractéristiques du bronzage et, malheureusement, certaines zones du corps semblent plus récalcitrantes que d'autres.

Afin de comprendre le bronzage, les scientifiques ont recruté une centaine de volontaires prêts à subir six séances d'UV-B ciblées sur deux zones précises du corps : le dos et les fesses. A l'issue des séances, les volontaires ont reçu une injection pour diminuer l'afflux sanguin qui se produit normalement dans les 24 heures après l'exposition au soleil. Ces rougeurs, souvent confondues avec les premiers signes du bronzage, sont en réalité le signe d'une intolérance de la peau au soleil, qui rougit suite à l'agression qu'elle a subie. En général, le bronzage suit, mais les rougeurs n'en sont pas la cause.

Dans l'épiderme, les mélanocytes (cellules foncées) sont peu nombreuses, mais sécrètent de la mélanine et la diffusent aux cellules aux alentours (cellules claires). Crédits DR

Un patchwork de peaux

Une semaine après l'exposition et la disparition des rougeurs, les chercheurs ont analysé la peau des volontaires et quantifié le bronzage. Les résultats sont publiés dans le journal Experimental Dermatology. Les scientifiques, pionniers dans ce domaine, ont pu constater que les fesses des participants sont bien plus résistantes au soleil que le dos. Lorsqu'elles rougissent suite à l'agression par les UV-B, elles ont également une plus faible capacité à bronzer. Ils ont aussi pu montrer que les personnes présentant des taches de rousseur bronzent moins facilement que celles qui en sont dépourvues.

Ces résultats donneraient des premières explications au fait que les cancers de la peau se produisent préférentiellement sur certaines parties du corps. Jonathan Rees, professeur de dermatologie à l'Université d'Edimbourg qui a mené ces travaux conclut qu'« une des vraies questions qui demeurent à propos du mélanome est : pourquoi le nombre de tumeurs diffère-t-il tellement en fonction des parties du corps ? Notre travail montre que nous sommes dans un sens constitués de différentes unités de peau, qui répondent différemment aux rayons du soleil et qui bénéficient de différents degrés de protection contre les effets néfastes du soleil ».

On l'aura compris : si les fesses restent blanches, rien ne sert d'insister. Et il ne faut surtout pas oublier les règles d'usage : mettre de la crème solaire et ne pas s'exposer de manière prolongée, surtout aux heures les plus chaudes de la journée.

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