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La Colletière, un village de l'an mil

Dossier - Tourisme en Isère et légendes anciennes
DossierClassé sous :géographie , Moyen Âge , isère

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L’Isère est un département contrasté avec ses Terres Froides, le plateau calcaire de l'Isle Crémieu, la vallée du Rhône, le massif de la Chartreuse… partons pour une promenade dans ce pays de légendes.

  
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En l'An Mil, des colons s'installent sur des plages de craie, à Colletière (Charavines), aux Grands Roseaux (Montferrat-Paladru) et à Ars (Le Pin) au bord du lac Paladru. Le site de Colletière a été occupé entre 1008 environ et 1040.

© Blitzmaerker, Pixabay, DP

V. Paquier a découvert le gisement au début du XXe. Hippolyte Müller, archéologue, intervient en1921 à la faveur d'une baisse des eaux qui permet la découverte du site néolithique des Baigneurs . Il ne commence pourtant aucune fouille réelle, ce qui laisse le site intact. C'est le projet d'un port de plaisance qui fait réagir en 1971. Une fouille de sauvetage débute en 1972 et se poursuit, depuis, chaque année.

Les chercheurs, dans un souci d'interdisciplinarité, ont permis d'écrire un chapitre de cette histoire de l'An Mil.

Il y a mille ans des hommes se sont installés au bord du lac, ont vécu sur ses rives, puis ont abandonné les lieux après trente ans, et la nature a conservé la mémoire de leur passage. Les hommes y découvrent des presqu'îles de craies, de la forêt, des prairies à valoriser. Ils s'installent. Les trois habitats découverts sont semblables.

Les Xe et XIe constituent une période de croissance économique donc d'expansion démographique ce qui explique, peut-être cette colonisation.

Les découvertes de Charavines sont d'un intérêt exceptionnel : armes, matériel d'équitation maigres restes d'équipement prouvent que chaque famille exerçait des activités domestiques, agricoles et artisanales, mais aussi militaires.

Ils tirent leurs ressources du milieu, de l'agriculture et de l'élevage. Les outils, faits sur place témoignent des travaux du bois, du cuir, de la tonnellerie, du tissage, et de la métallurgie, société pratiquement autarcique, qui maîtrise des techniques de production.

On a trouvé de grands foyers pour la cuisson et si la mise en évidence des techniques culinaires est impossible on peut en revanche savoir ce qu'ils mangeaient : céréales, produits de la cueillette, poissons et viandes... Il devait y avoir quelques réjouissances aussi puisqu'on a trouvé des parures, des instruments de musique et des jeux ...

Une montée des eaux a protégé le site des facteurs de dégradation. L'immersion a aussi favorisé la conservation des matières organiques, et comme il s'agissait d'un habitat stratifié il a fallu procéder au relevé des couches (sous l'eau !). On a donc fait des fouilles "en caisson", et plusieurs techniques, croisées ou utilisées ensemble, ont permis une stratigraphie précise. Les carottes correspondent aux dépôts lacustres successifs et permettent de mettre en évidence les périodes exondées. Elles ont aussi permis l'étude du sol, de l'évolution des niveaux, des oscillations climatiques, des différentes occupations du terrain...Les niveaux anciens contiennent des espèces de milieu profond mais au Xe siècle, des diatomées indiquent une faible hauteur d'eau. Les spores et pollens sont en excellent état, et les diagrammes polliniques mettent en lumière les composants végétaux du milieu à une époque donnée permettant une reconstitution du paysage. Les pollens fournissent aussi des indications sur les pratiques agricoles et les plantes médicinales...

Les os, reliefs de repas ou outils informent sur les techniques utilisées, les élevages et la boucherie...

Les poissons déterminés - salmonidés, perches, gardons, chevesnes... - semblent avoir été abondants...

On a aussi trouvé de la céramique et des objets en fer et des monnaies, très précieuses pour une datation précise : Xe-XIe et la dendrochronologie permet de savoir que le site a été construit après une période d'abattage de trois ans, en 1009-1010 et abandonné avant 1040.

Quant à l'étude des parasites elle permet de confirmer que tel ou tel bâtisse est bien une écurie !

Musée archéologique

Maison de Pays des trois Vals Lac de Paladru
Place de l'église 38850 CHARAVINES
Tél. : 04 76 55 77 47 Fax :04 76 55 63 13
info@museelacdepaladru.com

Et pour aller plus loin lire encore

Des auteurs comme Duby ou Le Goff, spécialistes du Moyen Age et ce ne sont pas les seuls.... Mais encore :

* Chevaliers-paysans de l'an mil 
Michel Colardelle et Eric Verdel 
Edition Errance, 1993,  120 pages

* Les habitats du lac de Paladru (Isère) dans leur environnement 
Michel Colardelle et Eric Verdel DAF (Documents d'Archéologie Française) 
Editions de la Maison des Sciences de l'Homme - Paris, 1993
416 pages, épuisé uniquement en bibliothèque 

(sources : http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/charavines/
Et No 129 Dossiers Histoire et Archéologie)