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Gorfou doré

DéfinitionClassé sous :zoologie , pingouin , oiseau
Photo d'un gorfou doré. © Ben Tubby, CC by 2.0

Gorfou doré (Brandt 1837) - Eudyptes chrysolophus

  • Ordre : Sphenisciformes
  • Famille : Sphenicidae
  • Genre : Eudyptes
  • Taille : 70 cm
  • Poids : 3,3 à 6,4 kg
  • Longévité : 10 à 15 ans

Statut de conservation UICN : VU Vulnérable

Description du gorfou doré

Le gorfou doré également surnommé gorfou macaroni est le plus grand de sa famille, et comme tous ceux de sa famille, il se distingue du manchot par les aigrettes jaunâtres qui ornent chaque côté de sa tête en se rejoignant au centre comme une prolongation de sourcils. Le plumage est noir sur toute la partie dorsale, la tête et les joues, et blanc sur la gorge, la poitrine et le ventre. Les nageoires sont taillées en forme de faucille et servent uniquement à la natation car l'oiseau est incapable de voler. Le bec rose est grand, mince et bombé sur la partie supérieure. Le dessous des nageoires est blanc et le bord d'attaque noir. Les pattes sont courtes et larges, et les pieds palmés sont rosés.

Gorfous dorés. © Jerzy Strzelecki, GNU FDL Version 1.2

Habitat du gorfou doré

La distribution géographique du gorfou doré recouvre essentiellement toute la partie subantarctique du Globe située entre l'Amérique du Sud et l'Afrique du Sud entre le 45e et le 65e parallèle. Il est commun au sud du Chili, sur les îles Malouines, en Géorgie, Sandwich, Orcades et Shetland du Sud, dans l'archipel du Prince Edouard, sur les îles Kerguelen et Crozet ainsi que dans l'archipel antarctique. Il a déjà été observé en Australie et en Nouvelle-Zélande, ainsi que sur l'île Tristan Da Cunha au large de l'Afrique du Sud. Il niche en formant de vastes colonies sur les plages continentales ou insulaires. 

Colonie de gorfous dorés. © Ben Tubby, CC by 2.0

Comportement du gorfou doré

Pour se déplacer, à l'inverse du manchot qui est plus maladroit, le gorfou doré sautille pour se hisser du bord de l'eau jusqu'à son nid, généralement bâti sur les pentes escarpées du littoral. C'est un oiseau sociable et grégaire dont les colonies peuvent compter plusieurs dizaines de milliers d'individus. La plus vaste recensée compte 2 millions d'oiseaux sur l'ile de Kerguelen (*).

Le gorfou doré est un oiseau pélagique qui ne vient à terre que pendant la période de reproduction. Il est capable de parcourir 10.000 km sans escale. En règle générale, il parcourt des distances moins importantes pour atteindre les zones de nourrissage, mais celles-ci peuvent malgré tout atteindre plusieurs centaines de kilomètres. Sa vision est excellente sous l'eau. Il se propulse à l'aide de ses pattes et se dirige à l'aide de ses nageoires et de sa queue. Ses plongées atteignent 70 mètres en moyenne et les apnées durent environ deux minutes. En société, le gorfou adopte des attitudes et des vocalisations destinées à communiquer avec les autres membres de la colonie. Il ondule de la tête et du corps et se dandine ou fait des courbettes en poussant des cris ressemblant à des braiements d'âne. Les principaux prédateurs du gorfou adulte sont les requins, les orques, les otaries à fourrure et les phoques léopard, alors que ceux des poussins et des œufs sont les skuas, les labbes et les pétrels géants.  

Rookerie de gorfous dorés, îles Flaklands. © Ben Tubby, CC by 2.0

Reproduction du gorfou doré

Les parades nuptiales et les accouplements ont généralement lieu en octobre et la ponte en novembre. La femelle pond habituellement deux œufs dans un nid sommaire gratté à même le sol et parfois garni de caillou, d'herbes ou d'algues sèches. La place étant comptée, les nids ne sont distants que d'une cinquantaine de centimètres l'un de l'autre. La couvaison s'étale en différentes phases d'une douzaine de jours. La première est assurée alternativement par les deux parents. Puis le mâle délaisse sa compagne et regagne l'océan pour se nourrir, et à son retour, il remplace la femelle jusqu'à l'éclosion qui survient au terme de cinq semaines. Au bout de 24 jours supplémentaires les poussins arborent leur duvet qui leur permet de s'émanciper. Dès lors, les deux parents gagnent l'eau en quête de nourriture et placent leurs poussins en crèches pendant ce laps de temps afin d'augmenter leur chance de survie. Les jeunes sont aptes à prendre la mer au bout de onze semaines et atteignent la maturité sexuelle vers cinq ans pour la femelle, et six ans pour le mâle.

Halte-garderie de juvéniles. © Stan Shebs, GNU FDL Version 1.2

Régime alimentaire du gorfou doré

L'essentiel de l'alimentation du gorfou doré est composée de krill, mais il se nourrit également de calamars ou d'autres petits céphalopodes, d'un peu de poisson et de crustacés. À l'instar d'autres sphéniscidés, le gorfou doré avale des petits cailloux. Cette habitude n'est pas encore totalement comprise. Elle peut tout aussi bien servir de lest afin de permettre à l'oiseau de nager en eau profonde, ou les cailloux servent de meules pour écraser les carapaces des crustacés ingurgités.

Groupe de gorfous dorés à la pêche. © Serge Ouachée, GNU FDL Version 1.2

Menaces sur le gorfou doré

Bien que les populations de gorfous dorés soient estimés à près de 18 millions d'individus, ce qui en fait la population d'oiseau la plus importante au monde, des déclins importants ont été enregistrés en certains lieux bien précis. Les colonies de certaines îles ont vu leurs effectifs chuter de 50 % et l'espèce a même disparu totalement de l'île Récalada au Chili. La pêche industrielle et la pollution marine sont parmi les premières causes de la régression des effectifs. Et en 2008, une étude a suggéré que la reproduction des gorfous dorés est touchée par la réduction du krill. Pour ces motifs et malgré le nombre d'individus estimés, l'espèce a été classée comme étant vulnérable. Certains lieux de reproduction ont pour cela été classés réserves protégées, tandis que les îles Heard et Mac Donald dépendant de l'administration australienne, sont rangées au patrimoine mondial.

Corfous dorés. © Ben Tubby, CC by 2.0

Le saviez-vous ?

Le terme de gorfou macaroni donné par les marins anglais, semble provenir de l'aigrette jaune de l'oiseau qui désignait autrefois une mode parue en 1770 en Angleterre, définissant un mouvement de jeunes hommes qui se démarquaient en s'habillant de façon extravagante et outrancière. Ils fondèrent le club des macaronis à Londres.

(*) source IPEV  

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