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Gibbon à mains blanches

DéfinitionClassé sous :zoologie , primate , singe
Photo d'un gibbon à mains blanches. © Dori, GNU FDL Version 1.2

Gibbon à mains blanches (Linnaeus 1771) - Hylobates lar

  • Ordre : Primates
  • Famille : Hylobatidae
  • Genre : Hylobates
  • Taille : 0,70 à 0,90 m (envergure des bras 1,40 à 1,80 m)
  • Poids : 8 à 11 kg
  • Longévité : 25 à 30 ans

Statut de conservation UICN : EN En danger

Description du gibbon à mains blanches

Le gibbon à mains blanches ou gibbon lar, est un primate de petite taille dont le pelage passe par des phases de teinte brune, roussâtre, sable ou noire totalement indépendante du sexe. Le visage sombre est encadré de poils blancs. Les oreilles sont petites et partiellement cachées par la fourrure tandis que la bouche abrite des canines puissantes dont la taille est identique chez les deux sexes. Le gibbon se distingue par la longueur de ses bras dont l'allongement est d'une fois et demie supérieure à celle des pattes postérieures, ce qui lui confère un statut d'acrobate hors pair. Les doigts et les pouces opposables largement séparés de la paume, sont longs également et prolongés par des ongles qui ressemblent à des griffes. Le nombre de vertèbres caudales s'étant réduit, le singe a perdu l'utilité de sa queue qui lui fait défaut. Les fesses sont munies de callosités osseuses qui forment un rembourrage résistant en position assise. 

Gibbon à mains blanches. © Derek Ramsey, GNU FDL Version 1.2

Habitat du gibbon à mains blanches

Historiquement répandu dans le sud-ouest de la Chine, dans le Myanmar et la basse péninsule malaise, le gibbon à mains blanches ne fréquente actuellement que les grands arbres des forêts tropicales du nord et l'ouest de la Thaïlande, et du nord de l'île de Sumatra. Il existe cinq sous-espèces de gibbon lar : Hylobates lar lar que l'on trouve en Malaisie, Hylobates lar carpenteri qui vit en Thaïlande et dans le nord de Sumatra, Hylobates lar entelloides qui a la même distribution géographique que le précédent, Hylobates lar vestitus de Sumatra, et Hylobates lar yunnanensis du sud-ouest de la Chine, que l'on estime proche de l'extinction voire probablement éteinte.  

Gibbon lar à pelage noir. © Trisha Shears, CC by SA 2.0

Comportement du gibbon à mains blanches

Comme tous ses autres cousins, le gibbon à mains blanches est un acrobate inégalable. Son mode de déplacement habituel est la brachiation. Il vit dans les hautes frondaisons des arbres où il évolue avec une aisance déconcertante. Ses sauts en apparence désinvoltes peuvent atteindre une dizaine de mètres. C'est un animal diurne qui descend rarement au sol, mais qui y évolue en marchant en position bipède, les bras écartés et relevés au-dessus de la tête en guise de balancier. Il vit en petits groupes familiaux composés d'un couple accompagné de trois ou quatre jeunes. Chaque famille évolue sur un territoire variant entre quinze et cent hectares. Le gibbon lar ne tolère pas d'intrus dans son voisinage. La femelle a généralement plus mauvais caractère que le mâle. 

Couple de gibbons lar en noir et blanc. © Matthias Kabel, GNU FDL Version 1.2

Il arrive fréquemment que deux groupes se rencontrent à la limite de leur territoire après un long appel. Chaque famille s'invective copieusement en vociférant, voire se provoque physiquement. La démonstration de force terminée, les groupes se séparent et regagnent leur fief respectif pour vaquer à leurs occupations. Les vocalisations sont variées et consistent en cris gutturaux brefs ou en sons langoureux allant crescendo. Le singe émet également des grondements sonores. Les séances d'épouillage permettent de renforcer le lien social. Les populations généralement isolées par de larges rivières sont allopatriques. 

Gibbon à mains blanches. © Derek Ramsey, GNU FDL Version 1.2

Reproduction du gibbon à mains blanches

Le gibbon à mains blanches se reproduit toute l'année. La femelle donne naissance à un petit unique au terme d'une gestation de sept mois. Tout d'abord fragile et impuissant, sa mère le presse en permanence contre son sein. Puis au bout de quelques semaines, le jeune s'enhardit et commence à découvrir son environnement avec maladresse. Il se déplace en s'agrippant à la taille de sa mère qui saute de branche en branche. Lorsqu'elle se balance, elle relève ses pattes postérieures vers le haut, ses cuisses procurant au petit un appui supplémentaire, et pour lui assurer une meilleure protection. Le bébé est sevré entre six et dix mois mais reste avec sa mère pendant deux ans, période à laquelle elle est apte à se reproduire à nouveau. L'adulte atteint sa maturité sexuelle vers six ans.

Gibbon lar femelle et son petit. © Ltshears, CC by SA 3.0

Régime alimentaire du gibbon à mains blanches

Le gibbon à mains blanches est surtout frugivore. Il se délecte de figues, de raisins et de mangues, mais il mange également des feuilles, des insectes et des fleurs. Il lui arrive même de capturer des oiseaux au vol en sautant de branches en branches.

Gibbon lar. © Matthias Trautsch, GNU FDL Version 1.2

Menace sur le gibbon à mains blanches

Le gibbon à mains blanches est menacé par la chasse pour sa viande, la capture des jeunes pour des collectionneurs privés et la disparition de son habitat à cause de la déforestation. Les populations sont en constante régression et seule la préservation de leur espace vital pourrait stabiliser les effectifs.

Ci-dessous, quelques parcs nationaux ou réserves où l'on peut observer le gibbon à mains blanches.

Thaïlande :

  • parc national de Khao Yai.

Indonésie :

  • parc national de Gunug Leuser (île de Sumatra).
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