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Gibbon de Hainan : le plus rare des primates menacé par la déforestation

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Le gibbon de Hainan est le primate le plus menacé au monde. Son aire de répartition ne cesse de diminuer et sa population décroît à grande vitesse. En cause : la déforestation, pourtant illégale, et les activités humaines. En alertant le gouvernement chinois, Greenpeace parviendra-t-il à sauver les 23 derniers spécimens ?

Le gibbon de Hainan, dont il ne reste que 23 individus, est menacé par la déforestation. © Greenpeace

Selon un rapport alarmant de Greenpeace, la forêt de l'île de Hainan, au sud du pays, est décimée depuis des années. La baisse drastique de sa superficie représente une réduction tout aussi importante de l'habitat des espèces qui la colonisent. C'est notamment le cas du gibbon, un singe qui se raréfie.

Le gibbon de Hainan (Nomascus hainanus) est un des primates les plus rares du monde. Il est endémique de l'île de Hainan. Chaque année, à cause de la déforestation, son aire de répartition diminue. Alors que l'on comptait environ 2.000 individus dans les années 1950, selon l'UICN, il n'en restait guère qu'une soixantaine en 1993 et on ne recense maintenant que 23 spécimens sur l'île. Placé dans la catégorie des espèces en danger de disparition - la dernière avant l'extinction - sur la liste rouge de l’UICN, il est considéré comme le primate le plus en danger au monde.

En 10 ans, 22 % de forêt en moins 

Il faut dire que la déforestation - ajoutée à la chasse - va bon train sur cette île et que la forêt tropicale humide se porte de moins en moins bien. Selon le rapport de Greenpeace, 22 % de la forêt ont été déracinés entre 2001 et 2010. Ce qui correspond à 72.000 hectares. En plus de cette réduction, l'habitat s'est fortement fragmenté.

Étendue de la forêt tropicale humide sur l'île de Hainan en 2001 et en 2010. © Greenpeace Chine

Déforestation interdite, et pourtant...

Alors qu'on pouvait, il y a environ 60 ans, trouver ces singes sur l'ensemble de l'île, ils sont maintenant rassemblés dans la réserve naturelle nationale de Bawangling (dans le centre ouest de l'île). Une zone toutefois moins propice : l'altitude est trop importante et la flore pas assez diversifiée. En outre, une partie de cette réserve a également été victime de la déforestation

Sur l'île d'Hainan, les eucalyptus ont ainsi laissé place aux hévéas principalement, desquels on extrait le latex. À cela s'ajoute la plantation, autour de l'aire d'habitat du primate, d'arbres destinés à la production de pâte à papier. Ils entrent ainsi en concurrence avec les eucalyptus, dans lequel le gibbon vit.

Aire de répartition du gibbon de Hainan, de 1900 à aujourd'hui. © Kadoorie Farm & Botanic Garden, 2005

Vers une protection efficace du gibbon ?

Certaines études indiquent pourtant que la réserve pourrait supporter davantage d'individus mais les populations restent faibles à cause de l'impact de l'Homme. Ajoutée à une fréquence de reproduction basse - quoique normale chez ces animaux - d'environ 3 ans, la quantité de gibbons de Hainan ne croît pas.

Un plan de protection est désormais en place. Il consiste en la poursuite de l'étude du gibbon, la reforestation de certaines zones afin de limiter la fragmentation de l’habitat et la prise de mesures pour éviter le braconnage. De plus, Greenpeace appelle le gouvernement chinois à faire respecter la loi censée interdire la déforestation.

Aujourd'hui, c'est le gibbon qui est en ligne de mire, mais il est évident que d'autres animaux subissent le même traitement. Comme le rappelle Greenpeace, c'est l'équivalent de 27 terrains de football de forêt humide qui disparaît chaque jour !

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