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Fou de Bassan

DéfinitionClassé sous :zoologie , oiseau , piscivore
Photo d'un fou de Bassan. © Kulac, CC-by-SA 2.5

Fou de Bassan (Linnaeus 1758) - Morus bassanus

  • Ordre : Suliformes
  • Famille : Sulidae
  • Genre : Morus
  • Taille : 0,80 à 0,90 mètre (envergure 1,65 à 1,80 mètre - longueur du bec 8 à 10 cm)
  • Poids : 2,50 à 3,20 kg
  • Longévité : 15 à 20 ans

Statut de conservation UICN : LC préoccupation mineure

Description du fou de Bassan

Le fou de Bassan est le plus gros oiseau de mer d'Europe. Il arbore un plumage d'un blanc immaculé et un cou et une tête jaune pâle. Le bout des ailes est noir. Le bec en forme de poignard est gris bleu et les yeux bleus sont cerclés de gris. La queue fine se termine en pointe et les pattes, courtes et palmées, sont d'une teinte verdâtre.

Fous de Bassan. © Maximilian Narr, CC-by-SA 3.0

Habitat du fou de Bassan

Le fou de Bassan est disséminé dans tout l'Atlantique nord et en mer du Nord depuis le golfe du Saint-Laurent et Terre Neuve, jusqu'en Norvège en passant par l'Islande et les îles britanniques. La plus grande colonie se trouve sur l'île Bonaventure en Gaspésie, et compte près de 60.000 couples, ce qui en fait la plus vaste colonie du monde. Le seul site de nidification en France est situé sur les Sept Îles en Côtes-d'Armor. En mer c'est un oiseau pélagique qui se rapproche des côtes en été. Il vit en colonies denses à l'aplomb des falaises du haut desquelles il s'élance pour s'envoler.

Type d'habitat du fou de Bassan. © Michael Haferkamp, GNU FDL Version 1.2

Comportement du fou de Bassan

Le fou de Bassan a un comportement grégaire lors de la période de nidification et forme des populations denses. En mer, il se déplace en petits groupes ou en solitaire. Il s'aide des vents pour s'élever et planer car son vol est lourd. C'est un excellent voilier qui peut parcourir plus de 200 km pour aller chercher sa nourriture. L'oiseau n'a que peu de prédateurs, et ceux-ci ne se risquent guère à proximité d'une colonie car ils se feraient écharper. Mais il peut arriver que des renards puissent chaparder un poussin isolé lors de l'absence des parents.

Fou de Bassan en vol. © Andreas Trepte, CC-by-SA 2.5

Reproduction du fou de Bassan

La nidification du fou de Bassan a lieu dans les anfractuosités des falaises sur des îles éloignées des continents. Les nids sont bâtis avec des algues, des herbes et des débris flottants divers. Les couples se forment pour plusieurs années et se retrouvent vers la fin janvier, début février. La femelle pond un œuf unique dans le courant des mois d'avril à mai, qu'elle couve pendant 40 jours en le protégeant de ses pattes palmées. Le poussin éclot en juin et est nourrit par ses parents durant trois mois. Pendant ce temps, il perd son duvet blanc pelucheux qui est remplacé par un plumage noir de juvénile. Au terme de cette période le poussin pèse près de 4 kg. Il quitte alors la colonie et gagne la mer pour y apprendre seul le vol et la pêche, et donc à survivre. 

Accouplement. © Wagner 2005, GNU FDL Version 1.2

Il reste deux semaines à flotter à la surface de l'eau, jusqu'à ce qu'il ait perdu suffisamment de poids pour pouvoir s'envoler. La mortalité des jeunes est très élevée la première année et peut atteindre 80 %. Durant son existence, un couple ne donnera que trois jeunes viables. Les autres auront été éliminés par sélection naturelle. Le fou de Bassan atteint sa maturité sexuelle au bout de cinq ans.

Couple de fous de Bassan. © Andreas Trepte, CC-by-SA 2.5

Régime alimentaire du fou de Bassan

Le fou de Bassan qui possède une excellente vision, tire son nom de fou de son comportement de pêche. Il se nourrit essentiellement de petits poissons tels que le maquereau, le hareng, le lançon, la sardine ou de céphalopodes comme les calmars, dont il repère les bancs en vol. Il plonge alors en piqué d'une hauteur moyenne de 20 mètres et, adoptant une posture aérodynamique, il frappe l'eau et y pénètre à près de 100 km/h. À cette vitesse, il plonge ainsi à 6 ou 7 mètres de profondeur sous le banc de poissons et se saisit de sa proie en remontant à la surface. Généralement, lorsqu'il a regagné la surface, sa victime est déjà engloutie, ce qui lui a valu le surnom de fou par les pêcheurs qui l'avaient observé remonter « à vide ». Il peut engloutir de 400 à 700 g de nourriture journellement.

Colonie de fous de Bassan en Gaspésie. © Bodoklecksel, GNU FDL Version 1.2

Menaces sur le fou de Bassan

Aujourd'hui protégées, les populations de fous de Bassan sont en augmentation au rythme de 2 % par an et leur avenir n'est pas menacé. Le seul danger consisterait en la réduction de ses sources de nourriture du fait de la surpêche et des changements climatiques.

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