Ours des cavernes : ils auraient disparu à cause de leurs sinus

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Parfois, l'adaptation évolutive à une situation peut porter un contre-coup inattendu. Une étude publiée dans Science Advances stipule que les ours des cavernes, en s'adaptant à de longues hibernations, ont pu devenir incapables de modifier leur régime alimentaire... causant ainsi leur extinction

L'ours des cavernes a parcouru l'Europe et l'Asie entre -100.000 et -24.000 ans. Une période du Pléistocène supérieur qui se situe durant la dernière ère glaciaire, et qui a conduit à de profondes modifications de la faune et de la flore. Notamment à un déclin de la végétation. Et c'est là que le bât blesse.

Ursus spelaeus aurait été incapable d'adapter son régime alimentaire. Principalement herbivore, la structure de son crâne l'aurait empêché de se tourner vers une alimentation carnée. À l'aide de simulations informatiques, les chercheurs ont observé que les grands sinus paranasaux de l'ours des cavernes, nécessaires au contrôle métabolique dont dépend le bon déroulement de leur hibernation, ont réduit la force du crâne. À tel point qu'il ne pouvait mordre et mastiquer avec une efficacité suffisante pour se nourrir de viande.

« Notre étude propose que le refroidissement climatique a probablement forcé la sélection de sinus hautement développés [...] afin de pouvoir hiberner pendant de plus longues périodes, avec des coûts métaboliques très faibles », explique Alejandro Pérez-Ramos, chercheur au département d'écologie et de géologie de l'Université de Malaga (Espagne). 

Cette structure crânienne limitant les sources alimentaires, combinée à une cohabitation difficile avec l'humain (compétition pour les abris, chasse, etc.), serait à l'origine de l'extinction de l'ours des cavernes.

Schéma phylogénétique montrant l'anatomie des sinus paranasaux des ours actuels et des ours des cavernes (Ursus spelaeus). Le modèle 3D représente les sinus paranasaux d'Ursus arctos avec, en 1 le sinus maxillaire, en 2 le sinus nasomaxillaire, en 3 le sinus rostro-frontal, en 4 le sinus frontal médiolatéral, en 5 le sinus frontal caudo-sagittal, en 6 le sinus ethmoïde-latéral, et en 7 le sinus palatin-sphénoïde. © Alejandro Pérez-Ramos et al., Biomechanical simulations reveal a trade-off between adaptation to glacial climate and dietary niche versatility in European cave bears, Science Advances