Les grenouilles avec plus de chromosomes s'adaptent mieux aux aléas climatiques

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En Australie, des chercheurs ont mis leur nez dans les affaires génétiques de neuf espèces de grenouilles. Endémiques, dites « fouisseuses », elles font partie du sous-ordre des Neobatrachus. Six d'entre elles sont diploïdes - leurs cellules comportent deux paires de chromosomes - comme l'espèce humaine, tandis que les trois autres sont tétraploïdes - quatre paires de chromosomes. 

Dans une étude publiée dans PLOS Genetics, les chercheurs stipulent que cette particularité n'empêche pas les différentes espèces de grenouilles de se reproduire entre elles. « Les polyploïdes [espèces avec plus de deux paires de chromosomes, ndlr] peuvent s'accoupler avec les diploïdes pour produire des hybrides rares », explique Ian Brennan, coauteur de l'étude. Ces hybrides peuvent ensuite « s'accoupler à un polyploïde, et transmettre les gènes de leur parent diploïde ». Une faculté qui permet aux polyploïdes d'améliorer leur diversité génétique

Celle-ci, combinée au transfert de gènes entre populations, bien plus rapide que celui des diploïdes, octroierait aux polyploïdes une capacité d'adaptation accrue. Dès lors, ces grenouilles polyploïdes vivent dans des milieux plus extrêmes, dont les régions les plus chaudes d'Australie. « Où les précipitations sont moins prévisibles, détaille Ian Brennan. Les diploïdes de Neobatrachus pourraient subir les premiers impacts de la perte d'habitat induite par le climat, tandis que les espèces polyploïdes semblent éviter ce sort. » 

Une espèce de grenouille fouisseuse et endémique d'Australie, appartenant au sous-ordre des Neobatrachus. © Stephen Mahony