Le plus grand iceberg du monde est en morceaux…

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Les images satellites les plus récentes de l'iceberg A-68A -- l'un des plus grands icebergs de tous les temps -- montrent comment lui et les morceaux qui s'en sont séparés se déplacent actuellement autour de l'île de Georgie du Sud qu'il a, un temps, menacée.

Les chercheurs, pour leur part, ont non seulement profité de ces données pour suivre sa trajectoire, mais aussi pour estimer son évolution. Ils nous apprennent ainsi que d'une superficie de quelque 5.660 km2, il ne mesure aujourd'hui -- après s'être partiellement disloqué -- qu'environ 2.600 km2.

Les chercheurs nous précisent aujourd'hui qu'à l'origine, A-68A mesurait en moyenne 232 mètres d'épaisseur, avec un pic à 285 mètres. Il a depuis perdu 32 mètres et plus de 50 mètres par endroits soit près d'un quart de son épaisseur initiale. Mais il a surtout perdu 64 % de son volume, passant de 1.467 km3 à 526 km3. Aujourd'hui, l'iceberg rejette ainsi dans l'océan 767 m3 d'eau douce par seconde. C'est 12 fois le débit de la Tamise !

L’épaisseur de l’iceberg A-68A au fil du temps. © Esa

Les chercheurs indiquent aussi que les deux fragments les plus gros qui se sont détachés ce 21 décembre 2020 sont bien plus minces que l'iceberg, avec des quilles culminant jusqu'à 50 mètres plus bas que A-68A.

[EN VIDÉO] Quand un gigantesque iceberg s’apprête à rencontre une île  L’iceberg baptisé A-68A s’est détaché de l’Antarctique en 2017. Il a ensuite voyagé dans l’Atlantique. Des satellites ont suivi son parcours jusqu’à proximité d’une petite île de l’océan Atlantique, l’île de Georgie du Sud. Mi-décembre 2020, il n’était plus qu’à 120 kilomètres d’entrer en collision frontale avec elle, mettant en péril la survie de la faune sauvage locale. © ESA 

Pour en savoir plus

Le plus grand iceberg du monde est en train de se disloquer

Article de Nathalie Mayer paru le 25/12/2020

Il y a quelques jours, il menaçait d'entrer en collision frontale avec l'île de Georgie du Sud. Aujourd'hui, l'iceberg géant -- le quatrième plus grand iceberg jamais enregistré -- connu sous le nom de A-68A et dont un morceau -- baptisé A-68D et d'une superficie d'environ 144 km2 -- s'était rompu en fin de semaine dernière, refait la Une maintenant après que des images satellites ont révélé ce mardi, des fissures majeures en son cœur.

Près de trois ans et demi après avoir vêlé de la plateforme glaciaire antarctique Larsen C commence donc enfin à se désintégrer.

Et deux des fragments identifiés en ce début de semaine ont déjà été baptisés : A-68E -- dont la surface est estimée à 655 km2 -- et A-68F -- dont la surface avoisine les 225 km2.

Pour l'heure, tous les fragments semblent vouloir éviter l'île de Georgie du Sud pour se diriger vers le nord. Mais en contournant le plateau continental peu profond dans la région où ils se trouvent, ils pourraient être pris au piège. Les satellites de surveillance vont donc continuer de suivre leur progression de près.


Les images de l'iceberg géant qui a frôlé l'île de Georgie du Sud et s'est brisé

Article de Nathalie Mayer paru le 22/12/2020

La collision entre l’iceberg A-68A et l’île de Georgie du Sud était annoncée pour cette fin décembre. Elle devrait finalement ne pas avoir lieu. © Copernicus-Sentinel 3, Twitter

A-68A est, depuis quelques jours, probablement l'iceberg le plus suivi au monde. Car les chercheurs le voyaient se diriger tout droit sur l'île de Georgie du Sud. Mais surprise. En s'approchant des eaux moins profondes qui bordent l'île, l'iceberg s’est brisé en deux morceaux. Probablement en se frottant au fond marin.

Animation de la dérive de l'iceberg géant A-68A créée avec les images acquises par le satellite Copernicus Sentinel-3. En se frottant aux fonds marins au large de l'île de Géorgie du Sud, l'imposante île de glace a perdu un morceau long de 18 km environ, nommé officiellement A-68D. © ESA, CC by-sa 3.0 IGO

Des images satellite ont révélé, jeudi 17 décembre 2020, un petit d'iceberg flottant librement. Petit, mais mesurant tout de même quelque 140 km2. Il s'appellera probablement A-68D (màj 22 décembre : le US National Ice Centre a officialisé son nom : A-68D, comme attendu) -- deux autres morceaux, A-68B et A-68C, s'étant déjà détachés plus tôt dans la croisière de A-68A.

Le morceau A-68D est en train de se disloquer

Les prévisions et simulations des courants semblent désormais indiquer que, le plus gros morceau restant au moins, de l'iceberg A-68A devrait pouvoir éviter l'île de Georgie du sud. En faisant une boucle vers le sud avant de repartir vers le nord.


Le plus grand iceberg du monde n'est plus qu'à 60 km de l’île de Georgie du Sud !

Article de Nathalie Mayer paru le 17/12/2020

Il s'était détaché de l'Antarctique en 2017. Depuis, il vogue dans l'océan Atlantique et se rapproche désormais dangereusement de l'île de Georgie du Sud (Royaume-Uni). Il, c'est A-68A, un iceberg de quelque 4.200 km2. Soit plus que la superficie de l'île, elle-même ! On comprend donc qu'une collision pourrait avoir des effets dévastateurs, notamment sur la faune sauvage locale.

Le parcours de l'iceberg est suivi de près depuis le début grâce notamment à la mission Copernicus Sentinel-1, capable de voir à travers les nuages et dans l'obscurité. Fin novembre, les chercheurs ont ainsi espéré que le pire pourrait être évité. L'iceberg avait lentement tourné et commencé à dériver vers l'ouest.

Mais de nouvelles images confirment aujourd'hui sa trajectoire. A-68A pourrait heurter l'île de Georgie du Sud ces joursci. Il n'est plus à présent qu'à 120 kilomètres 60 kilomètres des côtes (màj le 16 décembre).


Le plus grand iceberg du monde menace de s'écraser en Georgie du Sud

Article de Céline Deluzarche paru le 18/11/2020

L'iceberg A68a, qui s’est détaché de l’Antarctique en juillet 2017, menace désormais la petite île de Georgie du Sud, située au sud de l'océan Atlantique. Cet iceberg géant, qui mesure environ 4.200 kilomètres carrés (soit plus grand que l'île elle-même), n'est plus qu'à une centaine de kilomètres des côtes selon les observations du satellite Copernicus.

Le parcours de l'iceberg géant A68 depuis 2017. © Nasa

« Si le crash se produit, cela représente une grave menace pour les manchots, les phoques, ainsi que pour tous les prédateurs terrestres dont les voies d’accès à la nourriture seraient bloquées », alerte Geraint Tarling, un scientifique du British Antarctic Survey (BAS), sur le site de la BBC. « Les écosystèmes pourraient être perturbés pendant plus de 10 ans, et l'économie de l'île pourrait également en pâtir, avertit le chercheur. Si les manchots et les phoques doivent faire des milliers de kilomètres de détour pour trouver du poisson, ils pourraient mourir de faim. » Sans compter tous les animaux vivant au fond de la mer qui seraient écrasés à l'endroit de l'impact de l'iceberg, qui plonge à 200 mètres au-dessous de la surface.
 

Le crash pourrait toutefois avoir quelques conséquences positives en relâchant d'énormes quantités de nutriments emmagasinés dans la glace qui viendraient alimenter le phytoplancton, procurant ainsi de la nourriture à toute la chaîne alimentaire. Il est aussi possible que l'iceberg, entraîné par des courants, évite finalement la Georgie du Sud. « S'il contourne l'île et se dirige vers le nord, il devrait alors commencer à se désagréger en entrant dans les zones plus chaudes. L'action des vagues devrait également contribuer à le disloquer », prédit Andrew Fleming, également chercheur au BAS.

Sur cette image prise par le satellite radar Sentinel-1, l’iceberg A-68A tel qu’il apparaissait ce mardi 22 décembre à 7 heures 17 GMT. Avec de gigantesques fissures semblant couper « son doigt ». © Luckman, Copernicus