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Un an après, l'île de glace Petermann dérive toujours

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L'immense iceberg qui s'était séparé du Groenland en août 2010 continue son chemin dans la mer du Labrador, sous le regard des satellites et des astronautes de l'ISS.

Le satellite américain Terra a photographié l'île de glace Petermann le 20 juillet 2011. © Nasa/Terra/Jeff Schmaltz/Michon Scott

Le 5 août 2010, le satellite américain Aqua détectait la rupture d'un quart du glacier Petermann, une langue de glace d'eau douce de 70 kilomètres qui coule du Groenland, vers le nord, à raison d'un kilomètre par an. L'iceberg qui se formait alors représentait une surface de 245 kilomètres carrés, soit près d'une fois et demie la superficie de l'île d'Oléron.

Cette île de glace à la dérive a été photographiée le 20 juillet par le satellite américain Terra de la Nasa, et cinq jours plus tard par l'astronaute Ron Garan. Ce dernier, qui faisait partie de la mission STS-124 en 2008 à bord d'Endeavour, occupe la Station internationale depuis début avril avec l'Expédition 27.

C'est à bord de l'ISS que l'astronaute Ron Garan a pris ce cliché de l'île de glace Petermann le 25 juillet 2011. © Nasa/Ron Garan

Une fonte rapide

Depuis un an, l'île de glace Petermann n'a cessé de perdre de la superficie en raison de la fonte de la glace et du vêlage, un phénomène de fragmentation de l'iceberg en grands morceaux qui partent à la dérive. Ces morceaux sont parfaitement visibles sur la photographie réalisée par Ron Garan. La superficie actuelle de l'île de glace est estimée à 55 kilomètres carrés par le Canadian Ice Service (CIS) qui surveille sa lente dérive vers l'île de Terre-Neuve. En principe l'île de glace ne devrait pas toucher la terre : sa partie immergée sera sans doute bloquée par les fonds marins au large de la côte. Mais le lent mouvement de ce glacier flottant continue de représenter un danger pour la navigation et les plateformes de forage en mer.

Bien qu'elle s'accélère avec le réchauffement climatique, la rupture de grands morceaux de glaciers n'est pas exceptionnelle. On peut citer par exemple le vêlage géant qui en 1962 libéra une île de glace d'environ 600 kilomètres carrés. Un phénomène naturel qui pourrait aussi aider les Hommes à amener de grandes quantités d'eau douce dans certaines régions du monde en tractant des icebergs, une idée un peu folle émise dans les années 1970 par l'ingénieur français Georges Mougin.

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