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Pour son chant d'amour, la sauterelle mâle choisit sa salle de concert

ActualitéClassé sous :zoologie , insectes , bioacoustique

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Comment un mâle de sauterelle se donne-t-il toutes les chances de charmer une femelle en pleine forêt équatoriale humide ? En lui adressant ses chants d'amour depuis la strate forestière la plus dégagée possible, estime une équipe d'entomologistes.

Comme le font les baleines en surface ou en profondeur, les sauterelles optimiseraient leur communication en choisissant le bon niveau pour émettre leurs ultrasons. © Fernando Vargas-Salinas

Fernando Montealegre-Zapata, de l'université de Lincoln au Royaume-Uni, écoute les sauterelles. Dans une étude récemment publiée dans Revista de Biología Tropical, lui et son équipe détaillent les signaux sonores et la distribution spatiale de différentes espèces dans une stratification verticale de la forêt tropicale. Les investigations sont menées dans le parc national naturel de l'île Gorgona, une île volcanique inhabitée de Colombie, située dans le Pacifique.

Les auteurs ont échantillonné 16 arbres à quatre altitudes différentes comprises entre 1 et 20 m. Parmi les 25 espèces étudiées de la famille des Tettigoniidés, dont les fréquences de chant d'accouplement oscillent de 9 à 150 kHz, les auteurs remarquent que trois nouvelles espèces du nouveau genre Ultrasonus à la fréquence de chant supérieure à 120 kHz se positionnent dans des espaces ouverts à 12 m du sol et au-dessous de la canopée des arbres.

La strate sous-canopéenne est l'un des niveaux d'étagement vertical au microclimat et à la faune particuliers, dont font partie les sauterelles de l'île Gorgona en période de reproduction. © Wikimedia Commons, cc by 2.0

Les milieux ouverts sous-canopéens diffusent mieux les ultrasons

Pourquoi ces sauterelles se retrouvent-elles dans cet étage forestier plutôt que dans un autre ? Probablement, affirment les auteurs, parce que ce micro-habitat optimise la qualité de transmission de leurs signaux de très haute fréquence. En effet, leurs ultrasons se dispersent mal dans l'air du fait de leur courte longueur d'onde. Des objets environnants tels que des branches ou des feuilles représentent alors des écueils qui interfèrent et dégradent la communication.

En outre, la température et l'humidité du biotope équatorial sont deux autres conditions d'atténuation du message. « Nous pensons que ces insectes utilisent un certain type de canal environnemental pour diffuser leurs appels sur de longues distances », suppose Fernando Montealegre-Zapata. Pour tester son hypothèse, le chercheur prévoit à présent de mesurer les conditions acoustiques au-dessous du couvert végétal. Il reste encore du travail pour bien comprendre le chant des sauterelles...

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