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En image : 180 espèces de poissons se révèlent biofluorescentes

ActualitéClassé sous :zoologie , Biofluorescence , bioluminescence

Le poisson pierre est un roi du camouflage, mais il est biofluorescent. Ainsi, sous lumière bleue, on peut le voir rayonner dans le rouge. De même, les raies ou certains requins absorbent la lumière bleue et la réémettent dans le vert, leur donnant un aspect hors du commun. Dans une nouvelle étude, une équipe américaine dévoile plus d'une centaine d'espèces biofluorescentes dont voici quelques exemples.

La raie Urobatis jamaicensis ne se trouve que dans la partie ouest de l'océan Atlantique tropical. Elle est biofluorescente : elle absorbe la lumière bleue, la transforme et réémet dans le vert. © Sparks et al., Plos One, 2014

Seulement quelques coraux ou méduses étaient connus dans l'océan pour être fluorescents. Aujourd'hui, une étude parue dans la revue Plos One révèle que si on ne peut le voir à l'œil nu, le phénomène est beaucoup plus répandu qu'on ne le pensait. Une équipe de l'American Museum of Natural History a référencé 180 espèces de poissons en tout genre, capables de réémettre l'énergie lumineuse reçue sous différentes couleurs, le rouge, le vert et les tons orangés notamment.

Cette roussette (Cephaloscyllium ventriosum) se trouve dans l'est du Pacifique subtropical. On peut la rencontrer jusqu'à presque 500 m de profondeur. © Sparks et al., Plos One, 2014

Ce phénomène est connu sous le nom de biofluorescence, qu'il ne faut pas confondre avec la bioluminescence. Par exemple, le vers luisant est bioluminescent. La lumière qu'il produit est le fruit d'une réaction chimique. En revanche, un animal biofluorescent ne produit pas de lumière à partir d'une énergie chimique. Il nécessite une source externe de lumière qu'il absorbe, transforme et réémet dans une autre couleur. Les photons captés par l'animal excitent certaines molécules fluorescentes qui réémettent cette énergie sous une différente longueur d'onde. Dans l'océan, la couleur dominante est le bleu, à mesure que la profondeur augmente, le rouge est le rayonnement le plus rapidement absorbé.

Cette rascasse des îles Salomon se camoufle à la perfection dans le visible, mais est biolfluorescente. © Sparks et al., Plos One, 2014

Un zoo d'espèces marines biofluorescentes

C'est par hasard que l'équipe de l'ichtyologue John Sparks a découvert la fluorescence d'une anguille, au large de l'île Little Cayman. Souhaitant en savoir plus sur la biofluorescence des animaux marins, l'équipe s'est greffée sur quatre expéditions différentes, dans les eaux tropicales. Durant des plongées nocturnes, les chercheurs ont stimulé la biofluorescence des animaux avec des réseaux de projecteurs de haute intensité bleus. L'activité fluorescente des poissons n'est pas visible à l'œil nu, les scientifiques ont donc enregistré ce spectacle avec des caméras sous-marines disposant des filtres jaunes.

Le poisson-grenouille verruqueux Antennarius maculatus est aussi biofluorescent. La lumière qu'il réémet est dans les tons plutôt orangés. Ce poisson peut mesurer jusqu'à 15 cm et se trouve dans l'indopacifique ouest. © Sparks et al., Plos One, 2014

De ces expéditions, c'est un véritable zoo de poissons biofluorescents qui s'est dessiné. Dans les poissons cartilagineux, les raies et les requins ont révélé d'étonnantes couleurs. Chez les osseux, les anguilles et les serpents de mer ont révélé de superbes motifs. Des poissons très bien camouflés dans le visible, comme les poissons-pierres ou les autres rascasses ont pu être ainsi rapidement repérés. Un superbe spectacle qui montre le monde marin sous un angle tout à fait inconnu jusqu'alors.

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