À Taïwan, le dernier bilan fait état de 10 morts et 900 blessés après le puissant séisme qui a secoué l’île le 3 avril 2024. Des pertes humaines très limitées qui sont le fruit de l’exceptionnelle politique de gestion du risque sismique menée par les autorités du pays.


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    L'événement est presque en train de passer inaperçu. Il se serait produit dans une autre région du globe, les médias en auraient pourtant parlé pendant des semaines en raison de la catastrophe humaine qu'il aurait provoquée. Le séisme à Taïwan n'a en effet causé qu'un nombre très restreint de victimes. « Seulement » 10 morts et 900 blessés. Un bilan qui fait presque oublier que le pays vient de connaître un tremblement de terretremblement de terre très puissant, de magnitudemagnitude 7,4.

    Une véritable politique de protection des populations face à l’aléa sismique

    Des séismes de puissance comparable avaient fait environ 220 000 morts à Haïti en 2010, 15 000 en Inde en 1993, 90 000 en Chine en 2008, et plus de 50 000 en Turquie en 2023. Ces chiffres dramatiques permettent de mieux se rendre compte de la catastrophe à laquelle vient d'échapper l'île de Taïwan. Dix morts pour une telle magnitude, dans une zone si densément peuplée, reste un exploit qu'il est nécessaire de saluer. Car il faut souligner que ce bilan humain n'est pas dû au hasard, mais à une politique de gestion du risque sismique extrêmement bien menée par les autorités taïwanaises.

    Le bilan humain causé par le séisme de Haiti en 2010 (magnitude 7,3) avait été catastrophique en raison d'une politique inexistante de prévention du risque sismique. © Trocaire from Ireland, <em>Wikimedia Commons</em>, CC by 2.0
    Le bilan humain causé par le séisme de Haiti en 2010 (magnitude 7,3) avait été catastrophique en raison d'une politique inexistante de prévention du risque sismique. © Trocaire from Ireland, Wikimedia Commons, CC by 2.0

    Il est possible de vivre sereinement dans des régions à fort aléa sismique

    La région est soumise à un fort aléa sismique, comme d’autres régions du monde. La différence est que Taïwan, tout comme le Japon, a depuis longtemps pris ce risque en considération et s'est donné les moyens de protéger sa population. Mise en place de réglementations strictes pour la construction des bâtiments et infrastructures, plans d'évacuation bien préparés, organisation minutieuse des moyens de secours et médicaux, prise en charge rapidecharge rapide des résidents sans abris via le déploiement de camps, distribution d'eau et de nourriture... mais aussi formation des habitants, qui ont su réagir rapidement et de manière adéquate. L'évitement de la catastrophe est donc lié à toute une stratégie impliquant tous les niveaux de la société, de la population à l'État en passant par les autorités locales. Taïwan nous montre que l'aléa sismique en zone urbaine et très peuplée n'est pas une fatalité et qu'il est possible de mettre en place des moyens de prévention très efficaces permettant de réduire considérablement le nombre de victimes.

    Une boule de plus de 600 tonnes suspendue au milieu des gratte-ciels

    Pour protéger ses plus hauts gratte-ciels, Taïwan utilise d'ailleurs une étonnante technique, qui est celle du pendule : au centre de la bien connue tour Taipei 101, qui mesure plus de 500 mètres de haut, est suspendue une énorme boule d'acieracier pesant 660 tonnes. Devenue une véritable attraction touristique, elle est initialement prévue pour contrer les effets des secousses lors des puissants séismes. En se balançant, elle amortit les oscillations de la tour elle-même, assurant sa stabilité et la protection de ces occupants. On peut la voir à l'œuvre dans la vidéo ci-dessous lors du séisme de magnitude 6,8 (tout de même), survenu en 2022.

    À Taiwan, la tour Taipei 101 oscille de façon spectaculaire lors d'un tremblement de terre de magnitude 6,8, en 2022. © Taiwan news


    Violent séisme à Taïwan, le plus puissant depuis 25 ans !

    Article de Morgane GillardMorgane Gillard, publié le 3 avril 2024

    Ce matin du 3 avril 2024, les Taïwanais ont été secoués par un puissant séisme de magnitude 7,4. Il s'agirait du plus violent tremblement de terre depuis 25 ans. Fort heureusement, le nombre de victimes semble pour l'heure très limité.

    Grosse frayeur pour les Taïwanais ce 3 avril 2024, lorsqu'un séisme de magnitude 7,4 s'est déclenché au large de la côte est de l'île, à proximité de la ville de Hualien. Les premières secousses ont été ressenties à 8 heures (heure locale) et ont été suivies de nombreuses répliques de fortes magnitudes. La faible profondeur du séisme et la localisation de l’épicentre au niveau de la côte ont immédiatement fait craindre un tsunami dans cette région du Pacifique. Fort heureusement, l'alerte a rapidement été levée.

    De nombreux glissements de terrain

    À l'heure actuelle, bien que plusieurs bâtiments soient partiellement effondrés, le nombre de victimes et de blessés reste très limité, le pays étant bien équipé face au risque sismique. La principale menace serait en réalité plutôt liée aux éboulements et glissements de terrains. Trois personnes auraient ainsi trouvé la mort suite à la chute d'un bloc sur un sentier de randonnée.

    L’histoire de l’île est marquée par les puissants séismes

    Bien qu'il s'agirait là du plus puissant séisme depuis 25 ans, Taïwan est coutumière de ces secousses. L’île se situe en effet au niveau d’une zone de subduction, où la plaque océanique des Philippines s'enfonce sous la plaque Eurasie à une vitessevitesse de 7,8 cm/an ! D’après le site de l’USGS, le séisme de ce mercredi 3 avril serait lié à la rupture d'une faille sous contrainte compressive au sein de la plaque chevauchante de l'Eurasie.

    Six séismes de magnitude supérieure à 7 ont ainsi été enregistrés sur les 50 dernières années. Le plus puissant de l'histoire récente du pays daterait cependant de 1920, avec une magnitude de 8,2.