Les rivières naturelles génèrent moins d'inondations, selon l'université de Waterloo. © morket, Wikipedia
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L'aménagement des rivières accentue le risque d'inondation et de sécheresse

ActualitéClassé sous :Rivière , Eau , catastrophe naturelle

Une étude sur 2.000 rivières américaines a prouvé que l'intervention humaine sur les cours d'eau démultipliait le risque d'événements extrêmes, tels que les inondations et sécheresses.

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L'université de Waterloo au Canada a étudié l'évolution des débits de 2.272 cours d'eau au Canada et aux États-Unis entre 1950 et 2009 et a conclu que ceux qui avaient été aménagés, ou simplement modifiés, par les humains, présentaient plus de risques de catastrophes que ceux qui avaient été laissés intacts.

Canaux, barrages et digues multiplient le risque de phénomènes extrêmes

Ces aménagements se présentent sous différentes formes : des canaux, des barrages, digues ou simplement une urbanisation excessive à proximité. L'Université a conclu que tous ces artifices augmentaient les débits d'eau et donc le risque d'inondation, car les surfaces pavées utilisées sont totalement imperméables à l'eau. Mais dans certains cours d'eau, c'est l'inverse qui s'est produit : le débit d'eau a tellement été réduit par les aménagements que des périodes de sécheresse sont apparues ainsi qu'une diminution importante de la biodiversité sur la zone.   

Les chercheurs ont comparé ces cours d'eau modifiés par la main humaine avec des cours d'eau totalement naturels et intacts. Il en résulte que 48 % des rivières aménagées par l'être humain présentent des augmentations importantes de débit, avec un risque d'inondation. Quelque 44 % de ces cours d'eau présentent à l'inverse une diminution anormale du débit et donc un risque de sécheresse. La nouveauté de cette étude réside dans le fait que les conséquences saisonnières ont été prises en compte (inondation du printemps, sécheresse estivale) et pas seulement des relevés moyennés sur l'année entière.

Le professeur Nandita Basu, responsable de l'étude, précise que le changement climatique a un impact évident sur les risques d'inondation et de sécheresse des cours d'eau, mais que l'intervention humaine sur ces zones humides augmente largement la probabilité de ces événements extrêmes.  

Les canaux engendrent davantage d'inondations et de sécheresses que les rivières naturelles. © unitea, Pixabay

La renaturation des cours d'eau contre les inondations

Les débits des cours d'eau naturels sont régulés par les précipitations, la nature du sol, et la végétation de la zone. La renaturation des cours d'eau consiste à leur redonner un aspect proche de leur état naturel d'origine afin de retrouver une faune et une flore diversifiées, mais aussi d'éviter les inondations et les sécheresses. Ces actions de renaturation, de plus en plus effectuées en France, concernent les berges ainsi que le lit de la rivière.

Le site de l'eau de Seine-et-Marne précise qu'avec « l'évolution des pratiques agricoles et autres activités humaines, les cours d'eau ont subi des modifications directes sur leur forme physique et donc sur leur fonctionnement. Ces modifications, comme le recalibrage, le curage, le busage, le déplacement complet du cours d'eau ou l'extraction de matériaux, ont pour conséquences une perte importante de biodiversité, une perte de diversité de l'écoulement du cours d'eau, donc une dégradation de la qualité de l'eau, un risque d'aggravation des inondations en aval, car elles accélèrent la vitesse de l'eau ».

Cette renaturation passe par le fait de rendre aux rivières leurs courbes sinueuses, restaurer la végétation des berges et des rives et la continuité sédimentaire, rediversifier les habitats aquatiques ainsi que les écoulements. Des actions qui visent simplement à remettre en place le fonctionnement d'origine des cours d'eau afin de retrouver l'équilibre qu'ils offrent naturellement à la nature et aux Hommes.

Restauration d'une rivière dans la Vallée de Chevreuse. © Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse


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