Hurtigruten va faire naviguer ses navires aux déchets de poissons. © Harald Mikal Halvorsen, Facebook

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Des paquebots de croisière carburent... au poisson mort

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La compagnie de croisière norvégienne Hurtigruten vient d’annoncer que six de ses navires vont bientôt être convertis au biogaz issu des déchets de l’industrie piscicole.

La Norvège est l’un des principaux producteurs de poissons au monde : plus de 1,7 million de tonnes de poissons ont ainsi été élevés dans ses fermes aquacoles en 2016. Problème, cette industrie affiche un niveau de perte important : 53 millions de saumons meurent chaque année dans les cages. Plutôt que de jeter ce poisson mort, la compagnie de croisière Hurtigruten a décidé de le réutiliser… comme carburant. Les restes de production de l'industrie de la pêche et de l'élevage seront ainsi mélangés à d'autres déchets organiques afin de créer un biogaz qui sera liquéfié et remplacera le fioul.

Bateaux au biogaz et hybrides

« Ce que d'autres considèrent comme un problème, nous l'envisageons comme une ressource et une solution », a déclaré le directeur général d'Hurtigruten, Daniel Skjeldam. « En utilisant le biogaz pour alimenter ses navires, Hurtigruten devient la première compagnie du secteur à propulser ses bateaux à l'aide de carburants exempts de combustibles fossiles », a-t-il ajouté. La compagnie, qui opère aujourd’hui une flotte de 17 bateaux naviguant dans les fjords et en Arctique, va convertir six d’entre eux au GNL (gaz naturel liquéfié), un carburant certes fossile mais beaucoup moins polluant que le fuel lourd. Trois nouveaux navires hybrides, équipés d’une batterie électrique et permettant de réduire de 20 % les émissions, devraient être livrés d’ici 2021. Elle affirme vouloir devenir « la compagnie de croisière la plus verte au monde » et a déjà banni l’usage de plastique jetable sur ses bateaux.

La compagnie de croisière Hurtigruten prévoit d’équiper au moins six de ses navires de systèmes de propulsion biogaz et de batteries associés à des moteurs GNL d’ici 2021. © Hurtigruten, Facebook

La croisière, une industrie très polluante

Il faut dire que les navires de croisière sont régulièrement pointés du doigt pour leur pollution et leur contribution aux gaz à effet de serre. Le fioul lourd, peu raffiné, affiche des teneurs en soufre 1.500 fois plus élevées que celles autorisées pour le diesel des voitures. Un gros paquebot émet ainsi quotidiennement autant de particules fines qu’un million de voitures, selon l’association de protection de l’environnement allemande Nabu. Le 26 novembre dernier, la France a condamné pour la première fois le capitaine d’un navire de croisière de la compagnie Carnival pour avoir utilisé un carburant bon marché non conforme aux règlementations environnementales.

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