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Et l’on reparle du trou dans la couche d’ozone

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La concentration d'ozone stratosphérique au-dessus des régions arctiques s'est réduite de 40 % cet hiver, une valeur record. En cause, un hiver exceptionnellement froid mais aussi la persistance dans l'atmosphère des gaz destructeurs de la couche d'ozone et d'origine humaine. Mais patience, l'accord international de 1987 a porté ses fruits et on ne parlera plus de « trou » vers 2050 ou 2060.

Une vue des concentrations d'ozone en Arctique (à gauche) et des concentrations dans une colonne (, à droite, ici mesurées dans la zone marquée par un disque blanc sur la carte de gauche), mesurées par le spectromètre Gomos du satellite Envisat. © Institut météorologique finlandais

Publiées par l'OMM (Organisation météorologique mondiale), les dernières mesures d'ozone au-dessus de l'Arctique effectuées depuis des ballons-sondes et des satellites, notamment par le Latmos (Laboratoire atmosphère, milieux, observations spatiales, C NRS/UVSQ/UPMC), ainsi que le srésultats des modèles, montrent cet hiver une déperdition jamais égalée. Autour du pôle Nord, la concentration de ce gaz (O3), vers 20 kilomètres d'altitude, donc dans la stratosphère, s'est réduite d'environ 40% entre le début de l'hiver et la fin du mois de mars. C'est la plus forte diminution connue depuis le début des mesures de cette « couche d’ozone », qui absorbe fortement les ultraviolets, protégeant ainsi les organismes vivant à la surface du sol de ces rayons nocifs. Le précédent record était de 30%.

L'OMM explique cette réduction exceptionnelle par un hiver stratosphérique très froid. Cette réduction de la quantité d'ozone est en effet un phénomène saisonnier qui affecte particulièrement les très hautes latitudes durant l'hiver, à la fin de la nuit polaire. Au-dessous de -78°C, des nuages se forment dans la stratosphère et c'est dans cet environnement que se produisent des réactions chimiques transformant certaines molécules chlorées en agents destructeurs d'ozone, lesquels agissent sous l'effet de la lumière solaire.

Les températures hivernales en région arctique en 2011 ont été les plus faibles depuis 18 ans (modèle ECMWF). © SAOZ-UVSQ

Amélioration lente mais nette…

La déperdition est plus nette au-dessus de l'Antarctique car la chute des températures en hiver est toujours forte. Du côté du pôle Nord, la baisse des températures en hiver est moins prononcée et, surtout, très variable d'une année à l'autre. Parfois, on n'observe aucune diminution de l'ozone. Or l'hiver 2011 a été particulièrement froid dans les hautes latitudes nord.

Cette déperdition d'ozone a de plus été renforcée par la présence de molécules chlorées d'origine humaine. Malgré l'efficacité du Protocole de Montréal, signé en 1987, pour faire cesser les émissions de gaz destructeurs de la couche d'ozone, à base de chlore ou de brome, comme les CFC (chlorofluorocarbures), longtemps utilisés par l'industrie dans différentes applications (réfrigération notamment), ces gaz n'ont pas encore tous disparu et leur effet se fait toujours sentir. « Si le Protocole de Montréal n'avait pas existé, la déperdition d'ozone cette année aurait été très probablement plus importante » estime tout de même l'OMM.

D'après cet organisme, la quantité d'ozone stratosphérique devrait retrouver son niveau d'avant les années 1980 dans les décennies 2030 ou 2040 aux basses latitudes. À peu près à la même époque disparaîtront les « trous d'ozone » à la fin de l'hiver dans les régions arctiques. En Antarctique, cette déperdition post-hivernale devrait devenir un souvenir « vers 2045-2060 ».

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