Dans l’hémisphère Nord, les lacs se réchauffent aujourd’hui sous l’effet du changement climatique bien plus rapidement que ne l’avaient envisagé les chercheurs. © Juhku, Adobe Stock
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Nos lacs se réchauffent six fois plus vite depuis 25 ans

ActualitéClassé sous :lac , Réchauffement climatique , augmentation température

Durant l'été dernier et jusqu'à cet automne, les Grands Lacs d'Amérique du nord ont affiché des températures record. Encore une conséquence du réchauffement climatique anthropique. Et des chercheurs nous précisent aujourd'hui que ce sont tous les lacs de l'hémisphère Nord qui se réchauffent aujourd'hui plus rapidement qu'ils ne l'avaient envisagé.

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Le lac Supérieur, avec sa superficie de plus de 80.000 kilomètres carrés, est le plus grand lac d'eau douce au monde. Il est aussi, nous apprennent aujourd'hui des chercheurs de l’université York (Canda), l'un des lacs de l'hémisphère Nord qui se réchauffe le plus rapidement. Trois fois plus vite que la moyenne. Depuis le début des enregistrements, en 1857, il a déjà perdu plus de deux mois de couverture de glace.

Et son cas n'est pas unique. Globalement, les chercheurs notent que, sous l'effet du réchauffement climatique anthropique, les lacs de notre hémisphère -- ils en ont étudié une soixantaine sur les 100 à 200 ans écoulés -- se sont réchauffés six fois plus vite entre 1992 et 2016 que sur toute autre période de ce dernier siècle. « Beaucoup d'entre eux approchent peut-être de leur point de basculement, avec les nombreuses implications que cela pourrait avoir », souligne Sapna Sharma, chercheur, dans un communiqué.

Sur ce graphique, l’augmentation du pourcentage de lacs libres de glace au fil des années. Les chercheurs estiment qu’à ce rythme, la plupart des lacs seront sans glace d’ici la fin du siècle. © Journal of Geophysical Research

Des conséquences pour les communautés

Les lacs gèlent désormais onze jours plus tard qu'avant et dégèlent en moyenne près de sept jours plus tôt. Certains -- des lacs profonds en Suisse ou en Allemagne, par exemple -- connaissent même des hivers sans glace. Or, la phénologie de la glace sur les lacs est considérée comme une sentinelle importante du changement climatique. La conclusion est toujours la même : une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre est nécessaire pour contrôler le phénomène.

Car, rappelons qu'une augmentation des températures de nos lacs rime avec un taux d'évaporation en augmentation, une qualité des eaux qui se dégrade ou encore la prolifération d'algues toxiques. Les registres historiques montrent aussi que le phénomène pourrait perturber certains loisirs ou impacter des traditions culturelles. Le tout, bien sûr, avec des conséquences économiques pour les populations alentour. D'autant que d'autres travaux montrent un phénomène similaire dans l'hémisphère Sud.


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