Les forêts exercent un rôle majeur dans la séquestration du CO2 présent dans l'atmosphère. L'Inrae a mis au point un nouvel outil, unique au monde : le Biomass Carbon Monitor. Cette plateforme géospatiale va permettre de quantifier et de localiser les émissions
carbone réellement compensées chaque année. 

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Une plateforme librement accessible, le Biomass Carbon Monitor, permet de suivre les variations de la capacité des forêts à réduire le carbonecarbone présent dans l'atmosphèreatmosphère, annonce vendredi l'institut de recherche français Inrae.

Disposant depuis 2011 de données qui seront mises à jour quatre fois par an, le Biomass Carbon Monitor a été développé par la société française Kayrros, spécialisée dans la collecte et l'analyse des images satellites, l'Inrae et le Laboratoire des sciences du climatclimat et de l'environnement (LSCE).

Il « permet d'accéder librement à des cartes mondiales de changement des stocks de carbone contenus dans la biomassebiomasse aérienne, souligne l'Inrae dans un communiqué. Les données permettent de quantifier les changements annuels de la biomasse et de déterminer le rôle que jouent les forêts dans la réduction de la quantité de carbone présent dans l'atmosphère. Le résultat montre que certaines régions de l'hémisphère Nord stockent le carbone, tandis que les régions tropicales touchées par la déforestationdéforestation sont émettrices ».

Le succès des programmes de reforestation

L'institut de recherche met en avant plusieurs enseignements : « Un important puits carbone est visible dans la partie sud de la Chine (Yunnan, Sichuan, Chongqing, Guizhou, Guangxi et Guangdong, y compris Hong Kong et Macao) et représente un gain de l'ordre de 80 millions de tonnes de carbone par an depuis dix ans ».

En Amérique du Sud, les plantations agricoles ont dégradé ou détruit la capacité de la forêt amazonienne à séquestrer le dioxyde de carbone. © Marcio Isensee e Sá, Adobe Stock
En Amérique du Sud, les plantations agricoles ont dégradé ou détruit la capacité de la forêt amazonienne à séquestrer le dioxyde de carbone. © Marcio Isensee e Sá, Adobe Stock

Sa formation « est certainement due à la repousse de la végétation favorisée par les programmes publics de reboisement et de restauration, de meilleures pratiques de gestion forestières et l'amenuisement de la pressionpression par les populations locales sur les boisbois et forêts ».

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Par ailleurs, « les arbresarbres de Russie occidentale, dans les districts fédéraux du Centre, du Caucase du Nord, du Sud et de la Volga, ont séquestré 100 millions de tonnes de carbone chaque année entre 2011 et 2020, plus que l'intégralité des forêts de l'Union européenne ».

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Tandis que « dans les régions tropicales, ce sont surtout le remplacement des forêts primaires, riches en carbone, par des plantations et la dégradation forestière qui expliquent les changements observés ».

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Le Brésil (avec une perte de 40 millions de tonnes par an) et la Bolivie (perte de 20 millions de tonnes par an) « témoignent de pertes carbone considérables engendrées par la diminution de la végétation », tandis que le bassin du Congo et l'Asie du Sud-Est « demeurent des puits de carbone », avec des gains respectifs de 45 et 30 millions de tonnes par an.