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Des villes souterraines pour survivre à la sécheresse

ActualitéClassé sous :développement durable , Maison , Université de Toronto

Le sud-ouest des Etats-Unis abrite des millions de personnes venus s'installer avec la confiance d'être abreuvés par le puissant fleuve Colorado. Mais les sécheresses de plus en plus fréquentes ont détruit cet espoir et forcé les villes à construire des réserves d'eau souterraines.

Vue souterraine des villes du projet Sietch Nevada. © Andrew Kudless (dessin), Nenad Katic (graphisme), Tan Nguyen, Pia-Jacqlyn Malinis, Jafe Meltesen-Lee, Benjamin Barragan (modèle), Matsys Designs

D'après une récente étude, le sud-ouest des Etats-Unis devrait opérer une transition dans ce siècle vers une sécheresse perpétuelle en raison des changements climatiques. L'exposition Sans Eau – Technologies Innovantes en Climat Aride, de l'Université de Toronto (Canada), présente une solution surprenante.

Dans sa nouvelle de 1958, qualifiée de « première nouvelle d'écologie planétaire », Frank Herbert décrit une planète, Dune, où l'eau est si rare qu'elle a structuré profondément toute la société. Ses habitants habitent dans des villages-réservoirs, les « sietches », véritables oasis souterraines.

Le projet Sietch Nevada est un prototype d'urbanisme conditionné par la collecte, le stockage et l'utilisation d'une eau devenue rare. Cette eau deviendrait la première condition de la forme et de la performance de ces villes.

Pour vivre heureux, vivons caché

A l'inverse des programmes actuels du sud-ouest des Etats-Unis, dispersés et à ciel ouvert, Sietch Nevada est un urbanisme dense et enterré.

Vue en coupe et en perspective de la cité enterrée, avec ses quartiers-puits, ses canaux et sa surface collectrice d’eau et d’énergie. (Cliquer sur l'image pour l'agrandir.) © Andrew Kudless (dessin), Nenad Katic (graphisme), Tan Nguyen, Pia-Jacqlyn Malinis, Jafe Meltesen-Lee, Benjamin Barragan (modèle), Matsys Designs

Un réseau de canaux souterrains, reliés aux aquifères profonds, sert à la fois de voies de communication et d'irrigation pour les cultures. Les habitations et commerces les surplombent, protégés de l'agression du soleil au fond d'immenses cavernes.

A l'organisation horizontale conventionnelle (centre-ville/, banlieue, champs) succède une organisation verticale, où la surface, responsable de la collecte de l'eau, de la production d'énergie, de l'agriculture et de l'aquaculture, recouvre le réseau urbain souterrain. Hélas, ces sietches évoquent aussi des bunkers, peut-être en reflet aux guerres de l'eau prédites par le Groupe International des Etudes sur le Climat (Giec)...

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