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Les énergies propres ne font pas le poids contre le charbon

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En dépit de l'augmentation fulgurante de la production d'électricité à partir de l'énergie solaire ou des éoliennes, les centrales à charbon continuent de proliférer. À tel point que la production de charbon reste dominante, et contrecarre les réductions d'émission de carbone engendrées par les énergies propres.

Lorsqu'il brûle, le charbon dégage du CO2, mais aussi des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques), des NOx (oxydes d'azote), du soufre et des métaux lourds. C'est pourtant la principale source d'énergie utilisée dans le monde entier pour produire de l'électricité. © snty-tact, Wikipédia, cc by sa 2.5

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que d'ici 2017, la consommation de charbon égalera celle du pétrole. Malgré une croissance remarquable de l'énergie solaire et des éoliennes, l'utilisation du charbon ne diminue pas, pire encore, elle augmente. Pourtant, afin de ne pas atteindre la limite critique d'un réchauffement climatique de 2 °C pour le siècle prochain, il faudrait fermer une centrale à charbon par semaine durant dix ans...

Dans un nouveau rapport, l'AIE suggère que les énergies renouvelables ne peuvent pas faire face à l'augmentation de l'utilisation de charbon dans le monde. Si entre 2011 et 2012 le solaire a progressé de 42 % et l'éolien de 19 %, l'utilisation du charbon n'a grimpé que de 6 %. Mais en valeur absolue, le nombre de centrales à charbon étant très élevé, ce faible pourcentage vient renforcer la capacité totale de charbon déjà largement supérieure aux énergies renouvelables. Et cela, même en dépit de la fulgurante chute de consommation de charbon aux États-Unis, depuis l'utilisation d'un gaz naturel comme le gaz de schiste.

Si les énergies renouvelables sont toujours coûteuses, elles deviennent pourtant de plus en plus efficaces. Sur l'image, un prototype d'hydrolienne en cours d'installation dans le parc Paimpol-Bréhat. Chaque hydrolienne, située à 35 m de fond, possède une turbine d'un diamètre de 16 m et pourra fournir une puissance de 0,5 MW. © EDF

Produire de l'électricité à partir des usines à charbon est très bon marché, fiable et l'électricité générée est, semble-t-il, facile à mettre sur le réseau. Les énergies renouvelables ont forcément du mal à rivaliser. De 2001 à 2010, le taux d'électricité généré par le charbon a augmenté de 2.700 térawattheures (TWh). Sur la même période, l'électricité provenant de sources non fossiles (vent, solaire, biomasse, nucléaire, etc.) a progressé de moins de la moitié : 1.300 TWh.

Des centrales à charbon aussi sales qu’il y a 20 ans

En 2011, la Chine a construit autant de centrales à charbon qu'il y en a dans le Texas et l'Ohio réunis. Ce pays est aussi le leader mondial de l'éolien. Donc, malgré son budget exorbitant investi dans l'énergie éolienne, la Chine continue de construire plus de centrales à charbon (une par semaine en moyenne !). Ce n'est, bien sûr, pas la seule dans le monde à agir de la sorte. L'Europe revient de plus en plus au charbon, au détriment du pétrole ou du gaz naturel. La seule solution viable serait donc, apparemment, de réduire le coût de production des énergies propres.

Les données du rapport montrent, en outre, que le monde émet davantage de carbone par unité d'énergie qu'il ne le faisait une dizaine d'années plus tôt. Cette croissance est entièrement due à l'augmentation du nombre d'usines à charbon. Par ailleurs, cette dernière décennie est marquée par une absence totale d'élaboration de projet visant à améliorer la capture du CO2 au niveau des centrales. « Malgré de nombreuses discussions avec les dirigeants internationaux, et malgré un boom des énergies renouvelables au cours de la dernière décennie, l'énergie produite aujourd'hui est fondamentalement aussi sale qu'il y a 20 ans », commente Maria van der Hoeven, présidente de l'AIE. Alors à quand la transition énergétique ?

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