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Chasse à la baleine : le Japon y retourne

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Cette année et comme les précédentes, la flotte japonaise prendra le large pour l'océan Austral, afin d'y effectuer la chasse à la baleine, d'après l'annonce du ministre nippon de la Pêche. Une pratique violemment contestée par certains pays et associations écologistes qui crient au massacre.

Le ministre nippon de la Pêche a annoncé que sa flotte se préparait pour la chasse à la baleine. © Lou Roming, fotopedia, cc by 3.0
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La chasse à la baleine fait l'objet de controverses et désaccords violents entre les pays qui y sont favorables ou qui la pratiquent et ceux réclamant son interdiction. L'Australie et le Japon se sont régulièrement affrontés verbalement sur ce terrain et la Commission baleinière internationale (CBI) qui se réunit chaque année, est souvent le théâtre de véhémentes discussions.

Cette année encore et malgré l'interdiction de 1986, le Japon vient d'annoncer, via son ministre de la Pêche Michihiko Kano, que sa flotte se préparait pour la saison de la chasse à la baleine et allait se diriger à la fin de l'année vers l'océan Austral. Bronca chez les écologistes, les Australiens et au sein de l'association Sea Shepherd qui promet une lutte acharnée pour empêcher cette campagne.

De violents affrontements à prévoir

C'est Sea Shepherd, emmenée par le canadien Paul Watson, qui avait d'ailleurs attaqué un des bateaux nippons l'an dernier, le contraignant à écourter sa chasse et à rentrer au pays (tout de même 445 baleines chassées cette dernière année au lieu de 825 l'année précédente). Des affrontements violents avaient eu lieu et les écologistes étaient même montés à l'abordage du bateau des chasseurs, tandis qu'un de leurs navires avait fini par couler.

Le capitaine Paul Watson, fondateur de l'association Sea Shepherd qui s'oppose à la chasse à la baleine. © Guano, fotopedia, cc by 3.0

Pourquoi les Japonais continuent-ils de chasser en dépit de l'interdiction ? Tout simplement parce qu'ils le font sous couvert de recherche scientifique. Leur programme, nommé Jarpa, vise en fait à montrer qu'il y a assez de baleines dans les océans et que la chasse ne met pas en péril la pérennité de l'espèce. Une fourberie selon les défenseurs des cétacés. En outre, la Commission baleinière internationale recommande que la viande issue de cette chasse « scientifique » soit utilisée. Une aubaine pour les Nippons !

Une chasse pour la recherche scientifique ?

D'autant plus qu'il y a quelques mois, au cours de la 63e CBI de Jersey, le Japon a fait voter - en achetant les voix, selon les pays antichasse - un texte visant à empêcher les actions violentes ou de piraterie en mer, clairement destiné à museler Paul Watson et ses partisans. Michihiko Kano a fait savoir que sa flotte serait cette année escortée par des navires assurant sa sécurité, afin de contrer les attaques de Sea Shepherd qui a d'ores et déjà promis qu'elle ne respecterait pas le texte de la CBI.

En plus de l'intérêt économique que représente la chasse à la baleine pour les Japonais, il semble qu'une véritable confrontation politique se soit installée entre les « anti » et les « pro ». Lors de son annonce, le ministre japonais de la Pêche a en effet déclaré qu'il n'était pas dans l'intérêt du pays de céder aux pressions des ONG. De quoi douter des intentions nippones. Ce à quoi Paul Watson a répondu : « C'est une insulte à toutes les nations opposées à cette pratique et qui ont généreusement aidé le Japon en donnant pour les victimes du tremblement de terre et du tsunami ».

Doit-on donc s'attendre à de nouveaux affrontements en mer, dignes d'un film hollywoodien, entre les pro et les antichasse ? Très probablement. Ce qui est sûr, c'est que la prochaine Commission baleinière qui se tiendra à Panama City du 11 juin au 6 juillet 2012 promet d'être une fois de plus très animée.

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