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Sensibilité de la couche d'ozone au changement climatique

ActualitéClassé sous :climatologie , ozone arctique , stratosphère

Une étude vient de quantifier pour la première fois la relation entre la perte de l'ozone arctique et les changements de température dans la stratosphère de la Terre. La sensibilité de l'ozone arctique à la température serait trois fois supérieure aux prédictions des modèles de chimie atmosphérique. Conséquence : la décroissance des températures stratosphériques pourrait avoir un impact significativement plus important que ce qui était estimé sur les concentrations futures de l'ozone arctique.

Trou dans la couche d'ozone Crédit : http:www.cybersciences.com

En analysant plus de 2.000 mesures effectuées par ballons, collectées sur les douze dernières années, les chercheurs, dirigés par le Dr Markus Rex, de l'Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research (Postdam, Allemagne), ont établi une relation entre hivers arctiques et formation de nuages polaires stratosphériques. Cette formation de nuages est provoquée par les basses températures de cette saison. Les réactions intervenant à la surface des nuages convertissent le chlore, dans ses formes non réactives, en d'autres formes, lesquelles détruisent rapidement l'ozone.

Sur la base de cette relation entre perte d'ozone et présence de nuages stratosphériques, les chercheurs ont calculé que chaque degré Kelvin de refroidissement de l'Arctique avait pour résultat une destruction additionnelle de cinq pour cent de l'ozone, sensibilité trois fois supérieure à ce qu'indiquaient les modèles.

L'on a assisté, durant les dernières décennies, à un refroidissement de la stratosphère arctique. Cela serait dû à plusieurs facteurs dont les niveaux croissants de gaz à effet de serre. De plus grandes quantités de ceux-ci entraînent une plus grande rétention de la chaleur près de la surface terrestre. Ceci signifie un réchauffement de la surface et un refroidissement de la stratosphère.

Le processus actuel de rétablissement de la couche d'ozone, dû au déclin de la quantité de chlore et de brome faisant suite au protocole de Montréal signé en 1987, qui a limité la production de chlorofluorocarbures et d'autres polluants destructeurs de la couche d'ozone, pourrait se trouver ralenti par les changements affectant le climat stratosphérique. Si les conditions climatiques stratosphériques n'avaient pas changé depuis les années 60, la perte de l'ozone arctique aurait été moins sévère aujourd'hui, malgré l'accroissement des quantités de chlorofluorocarbures et de brome, précise le Dr Rex.

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