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L'intolérance au gluten est causée par trois peptides

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L'intolérance au gluten handicape les malades, puisqu'ils doivent suivre un régime très contraignant toute leur vie. La découverte de trois peptides de gluten impliqués dans la maladie permet d'envisager des traitements par désensibilisation, pour simplifier la vie des malades.

Le pain au blé est un des aliments bannis du régime des patients atteints de maladie cœliaque. © Kos / Licence Creative Commons

L'intolérance au gluten, autrement appelée la maladie cœliaque, est une maladie auto-immune qui affecte les villosités recouvrant l'intestin grêle. La maladie apparaît habituellement dans les mois qui suivent l'incorporation de gluten dans l'alimentation, ou à l'âge adulte. Les facteurs de prédisposition à la maladie sont principalement génétiques, même si l'environnement pourrait aussi avoir un rôle, notamment l'infection par des bactéries ou des virus.

D'origine végétale, le gluten est un mélange de protéines qui se retrouve dans l'endosperme des graines de certaines céréales. La maladie cœliaque ne concerne que le gluten de type dit prolamine, retrouvé chez le blé, l'orge ou le seigle mais pas chez le maïs par exemple. La consommation de gluten entraîne une activation des cellules du système immunitaire, menant à la dégradation des cellules épithéliales de l'intestin grêle. L'absorption des nutriments s'en retrouve altérée, provoquant souvent un amaigrissement des malades et des carences.

Si les malades suivent un régime sans gluten de type prolamine toute leur vie, les symptômes de la maladie peuvent disparaître, mais le régime est lourd et difficile à suivre. Une meilleure solution serait de découvrir le moyen d'enrayer les causes de la maladie, mais pour cela il faut mieux les connaître.

Bien que le gluten ait été identifié comme le responsable de la maladie cœliaque il y a plus de 60 ans, ses régions antigéniques impliquées dans la maladie n'ont pas pu être bien déterminées. Les chercheurs du Walter and Eliza Hall Institute, en collaboration avec des chercheurs des universités de Monash et de Melbourne, ont alors tenté d'identifier les fragments de gluten responsables de la réaction immunitaire.

Atrophie villositaire d'un intestin grêle d'un patient atteint de la maladie coeliaque, visualisée au microscope optique. © Samir / Licence Creative Commons

Fin du régime contraignant ?

L'étude publiée dans Science Translational Medicine a débuté il y a 9 ans, et s'est intéressée à 200 patients atteints d'intolérance au gluten. Pour analyser leur sensibilité aux céréales, les malades ont dû manger de la nourriture à base de blé, de seigle ou d'orge. Six jours plus tard, leur sang a été prélevé pour analyser leur réponse immunitaire face à la présentation, in vitro, de 2.700 peptides dérivés du gluten.

Les patients ayant consommé la même céréale ont réagi de la même façon, et différemment de ceux nourris avec une autre céréale. 90 des peptides présentés ont pu activer une réponse immunitaire, et 3 d'entre eux se sont montrés particulièrement agressifs.

Les trois peptides identifiés activeraient fortement la réponse immunitaire chez la majorité des patients, indiquant que les cellules immunitaires pathogènes activées par le gluten sont très peu diversifiées et donc très spécifiques. Cette découverte est importante puisqu'elle devrait permettre de réaliser des immuno-thérapies basées sur la désensibilisation des patients à ces trois fragments de gluten, en exposant les patients à des doses très faibles de peptide, comme dans le cas des traitements des allergies. Sur la base de ces résultats, trois autres traitements seraient également déjà en développement.